Home Santé Une étude de dix ans révèle que la psychose ne suit pas une seule trajectoire

Une étude de dix ans révèle que la psychose ne suit pas une seule trajectoire

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Publié le 21 février 2026. Une étude de l’Université de Séville, menée sur une décennie, révèle que la psychose ne se manifeste pas de manière uniforme chez tous les patients, soulignant la nécessité d’approches thérapeutiques personnalisées.

  • Les changements dans le cortex cérébral des personnes atteintes de psychose varient en fonction de l’évolution de la maladie, des symptômes, des capacités cognitives et des traitements.
  • Une réduction du volume cortical est observée dès le premier épisode psychotique, en particulier dans les zones liées aux neurotransmetteurs sérotonine et dopamine.
  • L’étude suggère que l’inflammation et les processus immunologiques pourraient jouer un rôle important dans l’évolution de la psychose.

La complexité de la psychose, notamment lorsqu’elle est associée à la schizophrénie, représente un défi clinique de longue date. Une recherche menée par Claudio Alemán Morillo et Rafael Romero García, du Laboratoire de neuroimagerie et réseaux cérébraux de l’Université de Séville, apporte de nouvelles perspectives sur la manière dont le cerveau évolue au fil des années chez les personnes concernées. Les résultats, publiés dans le British Journal of Psychiatry, sont issus du suivi de 357 patients et de 195 témoins sur une période de dix ans, grâce à l’utilisation d’imageries par résonance magnétique (IRM) pour mesurer le volume de différentes régions du cortex.

Les premiers résultats indiquent qu’une diminution du volume cortical est déjà perceptible lors du premier épisode psychotique, affectant particulièrement les zones riches en récepteurs de sérotonine et de dopamine. Ces neurotransmetteurs sont essentiels à la compréhension de la physiopathologie de la maladie et au fonctionnement des antipsychotiques. L’étude suggère également que d’autres acteurs cellulaires, au-delà des neurones – notamment ceux impliqués dans les processus inflammatoires et immunologiques – pourraient jouer un rôle significatif dans la progression de la maladie.

Le traitement semble atténuer certaines de ces différences structurelles, ralentissant ainsi la détérioration cérébrale. Cependant, les chercheurs ont noté que les disparités les plus marquées persistent chez les patients recevant des doses plus élevées de médicaments antipsychotiques sur le long terme. Ils soulignent qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un effet direct des médicaments, mais pourrait refléter le fait que les patients présentant des symptômes plus sévères nécessitent des doses plus importantes.

Sur le plan cognitif, le tableau est également nuancé. Des déficits d’attention, de mémoire ou de vitesse de traitement sont fréquemment observés dès les premiers stades de la psychose. Néanmoins, de nombreux patients présentent des améliorations à la fois des symptômes et des fonctions cognitives au cours du suivi, ce qui suggère que la stabilisation clinique peut s’accompagner d’une récupération partielle. Cependant, ceux qui nécessitent des traitements plus intensifs ont tendance à connaître une guérison moins prononcée.

L’une des approches les plus novatrices de cette étude réside dans l’application d’une analyse percentile, inspirée des courbes de croissance utilisées en pédiatrie. Tout comme les pédiatres utilisent les percentiles pour évaluer le développement physique des enfants, les chercheurs peuvent désormais identifier si certaines régions du cortex présentent des volumes atypiques par rapport à ce qui est attendu pour l’âge et d’autres variables. Cette méthode permet une analyse plus précise de l’évolution individuelle de la maladie.

Les auteurs de l’étude insistent sur un point essentiel : la psychose ne suit pas une trajectoire unique. L’interaction complexe entre le développement cérébral, les symptômes, les capacités cognitives et le traitement varie considérablement d’une personne à l’autre. D’où la nécessité de développer des stratégies thérapeutiques plus personnalisées, tenant compte de ces différences individuelles, afin de mieux comprendre la maladie et d’optimiser les interventions à long terme.

Références :
Altérations clés du cortex cérébral des personnes atteintes de psychose
20 février 2026 Université de Séville
https://www.cambridge.org/core/journals/the-british-journal-of-psychiatry/article/medication-and-atypical-brain-maturation-in-psychosis-associated-with-longterm-cognitive-decline-and-symptom-progression/300A38153DC445C849B8DD1FF8D96F5A

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