Publié le 12 février 2026 à 10h04. Une nouvelle étude de l’Institut de recherche agricole (INIA) au Chili alerte sur l’évolution du cancer bactérien du cerisier, une maladie qui menace jusqu’à 20 % de la production nationale, et révèle une résistance croissante aux traitements à base de cuivre.
- Le cancer bactérien du cerisier, principal fléau de la cerise chilienne, s’adapte aux conditions locales.
- La bactérie Pseudomonas syringae PV seringues (Pss) montre une résistance accrue aux produits à base de cuivre, un traitement couramment utilisé.
- L’INIA appelle à une gestion intégrée de la maladie, combinant pratiques culturales, surveillance et utilisation rationnelle des produits phytosanitaires.
Le cancer bactérien du cerisier, une menace persistante pour les producteurs chiliens, est au cœur d’une nouvelle analyse scientifique. Une étude récente menée par l’Institut de recherche agricole (INIA) et publiée dans la revue internationale Plantes, met en lumière la capacité d’adaptation de la bactérie responsable, Pseudomonas syringae PV seringues (Pss). Cette maladie est considérée comme la plus importante affectant la culture de la cerise au Chili, entraînant des pertes de production pouvant atteindre 20 %.
Les chercheurs de l’INIA ont analysé des échantillons de Pss provenant des principales régions productrices de cerises du pays. Leurs résultats indiquent que le pathogène n’est pas seulement d’origine externe, mais qu’il a évolué et s’est adapté aux conditions agroclimatiques et aux pratiques de gestion spécifiques de l’arboriculture fruitière chilienne. Cette adaptation explique en partie la difficulté à contrôler efficacement la maladie sur le terrain, malgré les efforts déployés par le secteur.
« La principale contribution de ce travail est qu’il nous permet de mieux comprendre le comportement des populations de cette bactérie au Chili, une information essentielle pour concevoir des stratégies de gestion plus efficaces et adaptées à notre réalité productive », a déclaré le Dr Boris Sagredo, chercheur à l’INIA Rayentué et auteur principal de l’étude, dans un communiqué de l’institut.
Résistance bactérienne et nouvelles stratégies
L’étude révèle également une préoccupation majeure : certaines populations de Pseudomonas syringae ont développé une résistance accrue aux produits à base de cuivre, un intrant traditionnellement utilisé pour lutter contre les maladies bactériennes des arbres fruitiers. Cette résistance croissante souligne la nécessité d’adopter des approches de gestion intégrée, combinant des pratiques culturales appropriées, une surveillance attentive et une utilisation plus raisonnée des produits phytosanitaires disponibles.
Selon l’INIA, les conclusions de cette recherche permettront de renforcer les systèmes de détection et de surveillance du cancer bactérien, de soutenir la sélection de variétés de cerisiers plus tolérantes et d’optimiser les stratégies de contrôle dans les vergers. L’objectif est de contribuer à une production de cerises plus résiliente et durable.
Ce travail s’inscrit dans une démarche de recherche initiée par l’INIA dès 2017, initialement avec le soutien du gouvernement régional d’O’Higgins, puis grâce au financement de l’Agence nationale de recherche et de développement (ANID) via le projet Fondecyt Regular N°1231208.

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