Publié le 8 novembre 2025 à 17:04:00. Une étude majeure menée en Angleterre révèle que l’infection par le COVID-19 chez les enfants entraîne un risque de complications cardiaques et inflammatoires significativement plus élevé que la vaccination, ces problèmes persistant plus longtemps après l’infection.
- Le risque de complications cardiaques, vasculaires et inflammatoires est nettement plus élevé après une infection par le COVID-19 qu’après la vaccination chez les enfants et adolescents.
- L’étude, la plus vaste du genre, a analysé près de 14 millions de jeunes en Angleterre entre 2020 et 2022.
- Les chercheurs insistent sur le fait que les bénéfices de la vaccination l’emportent sur les risques d’effets secondaires rares, et que la surveillance des symptômes post-infection reste cruciale.
Les risques de développer des maladies cardiaques, vasculaires et inflammatoires après une infection au COVID-19 chez les enfants et adolescents sont considérablement plus importants que ceux associés à la vaccination. C’est la conclusion d’une étude d’envergure publiée dans la prestigieuse revue The Lancet Child and Adolescent Health. Cette recherche, qui constitue la plus grande analyse démographique sur le sujet à ce jour, a examiné les données de santé de près de 14 millions de jeunes Anglais sur une période de trois ans, de janvier 2020 à décembre 2022.
Menée par des équipes des universités de Cambridge, d’Édimbourg et de l’University College London, avec le soutien du BHF Data Science Centre, l’étude a comparé les risques à court et à long terme de diverses affections suite à une infection par le SARS-CoV-2 ou à une vaccination contre le virus. Les chercheurs ont analysé les dossiers de santé électroniques de 13 896 125 personnes de moins de 18 ans, représentant 98 % de cette tranche d’âge en Angleterre. Parmi eux, 3,9 millions ont été diagnostiqués positifs au COVID-19 et 3,4 millions ont reçu leur première dose du vaccin BNT162b2 (Pfizer-BioNTech).
Les résultats sont sans équivoque : l’infection a été associée à des risques nettement plus élevés durant la première semaine, notamment pour la thromboembolie artérielle (risque relatif ajusté de 2,33), la thromboembolie veineuse (4,90), la thrombocytopénie (3,64), la myocardite ou péricardite (3,46) et les affections inflammatoires (14,84). Ces risques élevés ont persisté jusqu’à 12 mois pour certaines conditions. En comparaison, le risque de myocardite ou de péricardite après la vaccination n’a montré une augmentation qu’au bout de quatre semaines, avec un risque relatif ajusté de 1,84. Les auteurs de l’étude soulignent que ces effets secondaires de la vaccination sont transitoires, tandis que les complications liées à l’infection peuvent s’avérer plus durables et fréquentes.
Ces conclusions ont des implications importantes pour la santé publique et la pratique clinique. Elles viennent renforcer l’importance des campagnes de vaccination actuelles comme moyen essentiel de prévention des complications à long terme chez les enfants. Les cliniciens sont invités à maintenir une vigilance accrue quant à la surveillance des symptômes vasculaires et inflammatoires après une infection COVID-19. Parallèlement, cette étude vise à rassurer les parents sur le fait que la vaccination demeure la stratégie la plus sûre pour protéger la santé de leurs enfants face aux risques posés par le virus.
Référence :
Sampri A et coll. Maladies vasculaires et inflammatoires après infection au COVID-19 et vaccination chez les enfants et les jeunes en Angleterre : une étude de cohorte rétrospective basée sur la population utilisant des dossiers de santé électroniques liés. Lancet Child Adolesc Health. 2025;DOI :10.1016/S2352-4642(25)00247-0.