Publié le 2025-10-31 08:22:00. De nouvelles recherches alertent sur les risques cardiovasculaires accrus après une infection virale, y compris la grippe et la COVID-19. Ces pathologies augmentent significativement le risque d’infarctus et d’AVC, même plusieurs mois après la guérison.
- Après une grippe, le risque d’infarctus est multiplié par 4 et celui d’AVC par 5 dans le mois suivant.
- Pour la COVID-19, ces risques sont triplés pendant 14 semaines et restent élevés pendant un an.
- Les infections chroniques comme le VIH, l’hépatite C et le zona sont également associées à des risques cardiovasculaires à long terme.
Une méta-analyse menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles, et publiée dans le Journal of the American Heart Association, a analysé 155 études de haute qualité portant sur plus de 52 000 participants. Les résultats mettent en lumière un lien étroit et souvent sous-estimé entre les infections virales et les maladies cardiovasculaires (MCV). Les virus déclenchent une inflammation systémique qui peut endommager les vaisseaux sanguins et solliciter excessivement le cœur.
Les conclusions de cette étude sont précises :
- Une grippe confirmée augmente de quatre fois la probabilité d’un infarctus et de cinq fois celle d’un accident vasculaire cérébral (AVC) dans les trente jours suivant l’infection.
- Dans le cas de la COVID-19, le risque d’infarctus et d’AVC est triplé pendant les quatorze semaines post-infection, une élévation qui peut persister jusqu’à un an.
Les infections virales chroniques ne sont pas en reste. Les chercheurs ont identifié les augmentations de risque suivantes :
- VIH : +60 % pour les infarctus, +45 % pour les AVC.
- Hépatite C : +27 % pour les infarctus, +23 % pour les AVC.
- Zona : +12 % pour les infarctus, +18 % pour les AVC.
Ces chiffres soulignent l’impact potentiellement grave et durable des infections virales, qu’elles soient aiguës ou chroniques, sur la santé cardiovasculaire.
Mécanismes expliquant le risque accru
Lorsqu’une infection virale survient, le système immunitaire s’active pour lutter contre l’agent pathogène. Cette réponse implique la libération de molécules pro-inflammatoires et pro-coagulantes. Bien que normale, cette réaction peut, si elle se prolonge, nuire au bon fonctionnement du système cardiovasculaire. L’inflammation favorise notamment la formation et la rupture de plaques d’athérome dans les artères, une cause majeure d’infarctus et d’AVC. L’augmentation de la coagulation sanguine entrave quant à elle la circulation du sang, surchargeant ainsi le cœur. Cette réponse inflammatoire peut subsister des mois, maintenant le système cardiovasculaire sous une tension accrue.
Le Dr Kosuke Kawai, à la tête de l’étude, rappelle que si le lien entre certains virus comme le VPH (virus du papillome humain) ou l’hépatite B et le cancer est bien établi, leur rôle dans des maladies non transmissibles comme les affections cardiaques commence seulement à être pleinement compris. « Notre étude a révélé que les infections virales aiguës et chroniques sont liées à des risques à court et à long terme de maladie cardiovasculaire », a-t-il précisé.
La vaccination, un rempart contre les complications cardiaques
La prévention par la vaccination s’avère être une stratégie efficace pour réduire ces complications. Les données de l’étude indiquent qu’une vaccination appropriée peut significativement diminuer les risques cardiaques. Une revue de 2022 citée dans les travaux a ainsi montré que les personnes vaccinées contre la grippe présentaient une réduction de 34 % des événements cardiovasculaires majeurs. Les vaccins contre la COVID-19 et le zona pourraient offrir des bénéfices similaires, en limitant à la fois les infections et l’inflammation.
L’American Heart Association recommande aux individus, en particulier ceux souffrant de maladies cardiaques ou présentant des facteurs de risque, de consulter leur médecin pour discuter des programmes de vaccination adaptés (grippe, VRS, COVID-19, zona).
Conseils pour prévenir un infarctus post-COVID-19
Le Dr Prateek Chaudhary, consultant en cardiologie interventionnelle à l’Asian Hospital, propose plusieurs mesures pour minimiser les risques cardiaques après une infection par la COVID-19 :
- Adopter une alimentation équilibrée et nutritive, et maintenir une activité physique régulière.
- Arrêter de fumer et limiter la consommation d’alcool pour protéger les artères et le cœur.
- Gérer efficacement les conditions médicales préexistantes telles que le diabète, l’hypertension artérielle ou un taux de cholestérol élevé.
- Se tenir informé des recommandations vaccinales et respecter les mesures de prévention contre la COVID-19.
- Bénéficier de bilans de santé réguliers pour surveiller la fonction cardiaque.
- Réduire le stress par des pratiques comme la pleine conscience, le yoga ou la méditation pour favoriser le bien-être cardiovasculaire global.
Note aux lecteurs : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne se substitue pas à un avis médical professionnel. Pour toute question concernant un problème de santé, veuillez consulter votre médecin.