Publié le 2025-11-06 02:48:00. De nouvelles recherches préliminaires, menées par des oncologues, suggèrent que les vaccins à ARNm contre la COVID-19 pourraient avoir un effet inattendu : renforcer l’efficacité de l’immunothérapie chez les patients atteints de cancer, potentiellement en prolongeant leur survie.
- Des chercheurs ont observé une corrélation positive entre la vaccination anti-COVID et les taux de survie chez des patients traités par immunothérapie.
- Le vaccin à ARNm pourrait agir comme un « stimulateur » du système immunitaire, activant les défenses antitumorales.
- Des essais cliniques de phase 3 sont prévus pour valider ces observations prometteuses.
Des chercheurs en cancérologie ont commencé à remarquer une tendance encourageante chez des patients suivant une immunothérapie pour leur cancer, qui avaient également reçu un vaccin à ARNm contre la COVID-19. Comparativement aux patients n’ayant pas été vaccinés, ces derniers semblaient mieux réagir à leur traitement.
Le Dr Adam Grippin, résident principal en radio-oncologie au Centre de cancérologie MD Anderson à Houston, explique le mécanisme potentiel observé :
« Ce que nous avons découvert, c’est que le vaccin à ARNm du Covid agit comme une sirène pour activer le système immunitaire. Et chez les patients atteints de cancer, le système immunitaire est activé à l’intérieur de leur tumeur et il est reprogrammé pour commencer à tuer leur cancer. »
Dr Adam Grippin, résident principal en radio-oncologie au Centre de cancérologie MD Anderson
Une analyse portant sur plus de 1 000 patients traités par immunothérapie au MD Anderson a révélé que ceux ayant reçu le vaccin COVID-19 au début de leur immunothérapie présentaient une espérance de vie significativement plus longue que ceux qui n’avaient pas été vaccinés.
Le défi majeur de l’immunothérapie réside dans sa réponse variable, seulement 20 à 40 % des patients obtenant des bénéfices notables, selon le Dr Patrick Nana-Sinkam, vice-président associé de la recherche clinique et translationnelle à Santé du VCU. Ce dernier, qui étudie le cancer du poumon depuis 25 ans, avance une hypothèse sur le rôle du vaccin :
« L’idée est donc fondamentalement que l’ARNm et le véhicule, ou la manière dont l’ARNm est délivré, en eux-mêmes, augmentent en fait le système immunitaire en renforçant les lymphocytes T et d’autres cellules qui sont vraiment importantes pour combattre un cancer. »
Dr Patrick Nana-Sinkam, vice-président associé de la recherche clinique et translationnelle chez Santé du VCU
Bien que les résultats actuels soient considérés comme extrêmement prometteurs par les médecins, ils soulignent le caractère préliminaire de ces recherches. Des essais cliniques rigoureux sont indispensables pour confirmer ce lien de causalité. Le Dr Grippin exprime son optimisme quant à l’avenir :
« Nos résultats sont extrêmement passionnants. Si les résultats des essais cliniques de phase 3 démontraient qu’un vaccin à ARNm disponible dans le commerce pourrait améliorer la réponse des patients à leur thérapie immunitaire, cela pourrait radicalement changer la façon dont nous traitons le cancer à l’avenir. Et c’est pourquoi nous travaillons si dur pour que cet essai soit opérationnel afin de réellement valider cet effet. »
Dr Adam Grippin, résident principal en radio-oncologie au Centre de cancérologie MD Anderson
Une étude de phase 3 est en cours de préparation, visant à recruter 500 participants. Cependant, les chercheurs avertissent que l’obtention des résultats finaux prendra encore plusieurs années une fois l’essai lancé.