Home Santé Une nouvelle stratégie contre le cancer du sein pour vaincre la résistance aux traitements modernes

Une nouvelle stratégie contre le cancer du sein pour vaincre la résistance aux traitements modernes

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Une avancée prometteuse dans la lutte contre certains cancers du sein résistants aux traitements. Des chercheurs de la Mayo Clinic ont identifié un mécanisme expliquant la résistance de formes spécifiques de cancer du sein HER2+ aux thérapies actuelles, ouvrant la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées et efficaces.

  • Une protéine tronquée, nommée p95HER2, est identifiée comme un facteur clé de résistance aux thérapies ciblées.
  • Le nératinib, un médicament existant, s’avère capable de neutraliser cette protéine résistante.
  • Une combinaison thérapeutique nératinib et T-DXd est envisagée pour des essais cliniques.

Une récente étude menée par la Mayo Clinic et publiée dans la revue Nature Cancer révèle qu’un sous-groupe de cancers du sein dits « HER2 positifs » (HER2+) héberge une version modifiée de la protéine HER2. Cette variante, appelée p95HER2, altère la réponse des cellules cancéreuses aux thérapies conjuguées anticorps-médicament (CAM). Ces traitements, qui combinent un anticorps ciblant les cellules malignes avec un agent de chimiothérapie puissant tel que le trastuzumab deruxtecan (T-DXd), ont révolutionné la prise en charge de nombreux patients, mais leur efficacité reste limitée pour certains.

L’équipe du Dr Peter Lucas, vice-président de la recherche au département de médecine de laboratoire et de pathologie de la Mayo Clinic, a démontré que la protéine p95HER2 émet des signaux cellulaires distincts de ceux de la protéine HER2 complète. Cette différence influence la manière dont les cellules cancéreuses réagissent aux traitements, notamment en modifiant l’environnement tumoral pour mieux échapper au système immunitaire et réduire l’efficacité du T-DXd.

« Notre découverte montre que p95HER2 peut créer un microenvironnement immunitaire protégé, permettant aux tumeurs de résister au traitement », a expliqué le Dr Lucas.

Fait encourageant, les chercheurs ont observé que le nératinib, un autre médicament, parvient à bloquer efficacement l’activité de la protéine p95HER2, allant jusqu’à provoquer sa dégradation complète dans des modèles de laboratoire précliniques.

« Le traitement au nératinib élimine complètement la protéine p95HER2 des cellules cancéreuses, ce qui suggère un potentiel significatif pour des combinaisons thérapeutiques », a déclaré le Dr Dong Hu, auteur principal de l’étude.

Forts de ces résultats, les scientifiques de la Mayo Clinic envisagent des essais cliniques pour évaluer l’efficacité d’une combinaison thérapeutique associant le nératinib au T-DXd chez des patientes atteintes de cancer du sein HER2+ à un stade précoce. L’objectif est de déterminer si cette nouvelle approche peut améliorer la réponse tumorale chez les patientes présentant une co-expression des protéines HER2 et p95HER2.

Les auteurs insistent sur l’importance d’une approche thérapeutique personnalisée.

« Il n’existe pas de solution universelle pour toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2+. Cependant, l’identification du rôle de la protéine p95HER2 fournit une orientation claire pour le développement de thérapies sur mesure », a souligné le Dr Linda McAllister, co-auteure de l’étude.

Cette avancée représente une étape cruciale dans la compréhension des mécanismes d’échec des thérapies contre le cancer et ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de traitements personnalisés du cancer du sein HER2+, dans le but de surmonter la résistance des tumeurs et d’améliorer le pronostic des patientes.

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