Publié le 2025-10-28 18:02:00. Des chercheurs ont découvert une voie jusqu’alors méconnue par laquelle le VIH se propage dans l’organisme, émanant du système nerveux central. Cette découverte éclaire la persistance virale et l’inflammation chronique, même sous traitement.
- Une nouvelle voie de dissémination du VIH a été identifiée, partant du système nerveux central (SNC) et s’étendant au corps entier via les macrophages.
- Cette découverte remet en question l’idée d’une séparation stricte entre le SNC et le reste de l’organisme, révélant une connectivité immunologique méconnue.
- Le système nerveux périphérique joue un rôle clé dans la redistribution du virus et le maintien de l’inflammation, suggérant de nouvelles pistes pour les stratégies d’éradication du VIH.
Pendant longtemps, le système nerveux central (SNC) a été considéré comme un compartiment immunologiquement et anatomiquement isolé du reste du corps. Cette perception reposait sur la présence de jonctions cellulaires serrées, une apparente absence de drainage lymphatique significatif et l’existence de la barrière hémato-encéphalique. Cependant, les liens complexes et souvent sous-estimés entre le SNC et le système nerveux périphérique (SNP), qui se situe en dehors de la barrière hémato-encéphalique, sont moins bien compris.
Pour élucider ce mystère, une équipe de recherche a utilisé un modèle animal du VIH. Le liquide céphalo-rachidien, le fluide protecteur entourant le cerveau et la moelle épinière, a été injecté avec deux types de nanoparticules de couleurs différentes. Ces particules ont efficacement marqué les macrophages du SNC dès leur absorption. En utilisant des marqueurs distincts, les scientifiques ont pu suivre les macrophages à différents stades de l’infection, précoce ou tardive, et identifier les chemins empruntés par ces cellules pour quitter le SNC.
« Non seulement nous avons découvert que les macrophages peuvent sortir du SNC dans des conditions non infectieuses, mais nous avons également constaté qu’ils le font via les nerfs crâniens et périphériques. »
Robert V. Blair, PhD, DVM, co-chercheur principal, Tulane National Primate Research Center
Le SNC est connu pour être un réservoir majeur pour des virus tels que le VIH et son équivalent chez le singe, le virus de l’immunodéficience simienne (VIS). Les macrophages périvasculaires, en particulier, sont les cellules les plus fréquemment infectées par ces virus au sein du SNC. La nouvelle compréhension du déplacement des cellules immunitaires révèle que ce réservoir viral n’est pas passif. Il contribue activement à la persistance de l’activité virale et à l’inflammation dans l’ensemble de l’organisme, et ce, même lorsque le traitement antirétroviral est administré.
« Ces résultats soulignent l’importance du lien entre le SNC et le SNP dans l’immunité, et plus particulièrement l’impact du trafic des macrophages sur l’activation myéloïde persistante dans les ganglions de la racine dorsale et les nerfs périphériques. Nos découvertes apportent des informations cruciales qui orienteront de nouvelles stratégies pour relever le défi de l’éradication du VIH », conclut la co-chercheuse Zoey K. Wallis, PhD, du Morrissey College of Arts and Sciences, Département de biologie, à Boston College.
Source :
Référence de la publication :
Wallis, ZK, et al. (2025). Nouvelles voies périneurales et dynamique du trafic de macrophages infectés par le SIV hors du système nerveux central. The American Journal of Pathology. doi.org/10.1016/j.ajpath.2025.07.014