Publié le 13 octobre 2025 07:44:00. La campagne de vaccination contre la grippe pour la saison 2025-2026 a officiellement démarré le 1er octobre, mais son déploiement effectif varie selon les régions. Au-delà de la piqûre, les experts rappellent comment optimiser son efficacité en évitant certaines habitudes courantes.
- La vaccination est gratuite pour les plus de 60 ans, les femmes enceintes, le personnel soignant, les aidants, les jeunes enfants et les personnes atteintes de maladies chroniques.
- L’automédication préventive avec des anti-inflammatoires ou du paracétamol peut nuire à la réponse immunitaire du vaccin.
- Modérer sa consommation d’alcool et rester hydraté est crucial pour une réponse immunitaire optimale.
- L’exercice physique intense juste après la vaccination est déconseillé, contrairement à une activité modérée.
Le lancement de la campagne de vaccination antigrippale 2025-2026, initiée le 1er octobre, suit le rythme propre à chaque région italienne, en raison de l’autonomie organisationnelle du Service national de santé. Si des régions comme la Toscane, la Lombardie et l’Émilie-Romagne ont immédiatement procédé à la distribution auprès des populations les plus vulnérables, d’autres ont opté pour une approche progressive, débutant dans les établissements de santé et les maisons de retraite avant d’élargir la distribution aux médecins généralistes et aux pharmacies.
La gratuité du vaccin est étendue à un large public : les personnes âgées de plus de 60 ans, les femmes enceintes, le personnel de santé, les aidants familiaux, les enfants âgés de six mois à six ans, ainsi que toute personne souffrant de pathologies chroniques ou dont le système immunitaire est affaibli. Certaines régions ont cependant choisi d’étendre la gratuité aux personnes de plus de 50 ans ou à certaines professions exposées à un risque accru, tandis que d’autres maintiennent un co-paiement pour ces catégories.
Optimiser l’efficacité du vaccin : les bons gestes
Si le vaccin antigrippal demeure l’outil le plus fiable pour prévenir les complications sévères de la grippe, telles que la pneumonie ou les exacerbations de maladies respiratoires chroniques, certaines pratiques courantes peuvent paradoxalement en diminuer l’efficacité. Il est ainsi essentiel de se faire vacciner, mais également de le faire dans les meilleures conditions.
Attention aux anti-inflammatoires avant la vaccination
Une habitude répandue consiste à prendre des anti-inflammatoires « par précaution » pour atténuer d’éventuelles douleurs au bras ou une légère fièvre post-vaccinale. Or, les professionnels de santé s’accordent à dire que cette pratique est une erreur. Des études ont démontré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, peuvent interférer avec la réponse immunitaire, en atténuant la réaction inflammatoire nécessaire à la production d’anticorps. Cette inflammation, loin d’être un effet secondaire indésirable, est un mécanisme de défense essentiel activé par le vaccin.
Même le paracétamol, souvent considéré comme plus doux, ne devrait pas être administré à titre préventif. Certaines recherches suggèrent qu’une prise avant la vaccination pourrait également compromettre l’efficacité du vaccin, à l’instar des AINS.
Les risques liés à l’usage excessif d’analgésiques
Au-delà de leur impact sur la vaccination, l’usage excessif d’analgésiques présente des risques notables. Une étude d’envergure, portant sur plus d’un demi-million de personnes âgées de plus de 65 ans, a révélé que la consommation régulière d’acétaminophène (paracétamol) – même deux fois en six mois – est associée à une augmentation du risque d’ulcères gastriques, d’insuffisance cardiaque et d’hémorragies intestinales. Le Professeur Weiya Zhang, de l’Université de Nottingham et coordinateur de cette étude, recommande la prudence : « Prenez-le uniquement lorsque vous en avez réellement besoin, et non de manière continue, car cela peut causer de graves problèmes, surtout s’il est pris à la dose quotidienne maximale pendant des périodes prolongées. »
Le message des experts est donc clair : les analgésiques peuvent être utilisés après la vaccination, mais uniquement si des symptômes inconfortables surviennent, tels que des douleurs au bras ou une légère fièvre, et toujours à la dose minimale efficace.
L’alcool, un frein potentiel à la réponse immunitaire
La consommation d’alcool, avant ou après la vaccination, peut également avoir des conséquences. Si un verre de vin ponctuel n’est généralement pas considéré comme problématique, une consommation excessive peut affaiblir le système immunitaire. Elle peut réduire l’efficacité des globules blancs et augmenter le risque d’infections concomitantes. Les personnes consommant de l’alcool en excès ont également tendance à ressentir davantage de fatigue, de douleurs musculaires et de courbatures au site d’injection. Un autre aspect souvent négligé est l’effet diurétique de l’alcool, qui favorise la déshydratation.
Des études ont démontré qu’une hydratation insuffisante peut retarder la production d’anticorps, diminuant ainsi légèrement l’efficacité du vaccin. Elle peut également accroître le risque de ressentir des effets secondaires tels que des maux de tête ou des douleurs musculaires. Limiter la consommation d’alcool et privilégier une bonne hydratation constitue donc le meilleur choix pour favoriser une réponse immunitaire adéquate.
L’activité physique : quelle intensité après la vaccination ?
L’exercice physique, lorsqu’il est bien dosé, peut se révéler être un allié précieux. Il est toutefois déconseillé de pratiquer un entraînement intensif dans les 24 à 48 heures suivant la vaccination, car un effort trop soutenu peut exacerber les maux de tête, la fatigue et les symptômes passagers. À l’inverse, une activité physique modérée semble avoir un impact positif. Une étude de 2022 a ainsi mis en évidence que les personnes ayant pratiqué 90 minutes de marche rapide, de course légère ou de vélo immédiatement après leur vaccination antigrippale développaient davantage d’anticorps que celles restées inactives, sans augmentation des effets secondaires. Ces observations confirment que le mouvement, pratiqué avec discernement, peut contribuer à la prévention.