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Vénézuela | Pourquoi Juan Pablo Guanipa a été assigné à résidence | Delcy Rodriguez | Cheveux Diosdado | États-Unis | Note | MONDE

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Publié le 11 février 2026 à 16h36. Après une brève libération, l’opposant vénézuélien Juan Pablo Guanipa a été de nouveau interpellé par des forces non identifiées, ravivant les inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales dans le pays et à la sincérité des concessions du régime de Nicolás Maduro.

  • Juan Pablo Guanipa, figure de l’opposition vénézuélienne, a été arrêté à son domicile à Maracaïbo et placé en assignation à résidence.
  • Son fils, Ramón Guanipa, dénonce une « prison » même sous assignation à résidence et réclame la libération de tous les prisonniers politiques.
  • Des analystes soulignent que les récentes libérations de prisonniers politiques au Venezuela sont conditionnelles et ne marquent pas un changement fondamental dans la politique du gouvernement.

L’arrestation de Juan Pablo Guanipa, survenue quelques jours après sa libération le dimanche 9 février, intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes au Venezuela. L’opposant, proche de la leader de l’opposition María Corina Machado, avait été détenu depuis mai 2025. Sa libération avait été saluée comme un signe d’ouverture du régime de Nicolás Maduro, mais cet épisode démontre la fragilité de ces avancées.

Selon son fils, Ramón Guanipa, l’ancien député a été emmené de son domicile à Maracaïbo pour purger une assignation à résidence. Dans un message publié sur le réseau social X, il a déclaré :

« Mon père est toujours injustement emprisonné, car une maison reste une prison. Nous exigeons sa pleine liberté et celle de tous les prisonniers politiques. »

Ramón Guanipa, fils de Juan Pablo Guanipa

Il a également remercié le gouvernement américain « pour son travail en faveur de la liberté du Venezuela et de tous les prisonniers politiques ».

Après sa libération initiale, Juan Pablo Guanipa avait exprimé son souhait de voir le Venezuela se réconcilier, mais « avec la vérité ». Il avait également affirmé que son pays « a le droit d’être un pays libre » et avait participé à une caravane de motocyclistes en direction d’El Helicoide, un centre de détention tristement célèbre pour les prisonniers politiques, où les familles des détenus organisent des veillées pour réclamer leur libération.

Le Forum Pénal vénézuélien a indiqué que, depuis le 8 janvier, 426 prisonniers politiques ont été libérés par le régime de Delcy Rodríguez. Cependant, ces libérations sont assorties de conditions strictes, comme l’interdiction de quitter le pays et l’obligation de se présenter régulièrement devant les tribunaux. Selon le Forum, 644 prisonniers politiques restent incarcérés, dont 185 militaires, 80 femmes et un adolescent.

Gonzalo Himiob, vice-président du Forum Pénal, a expliqué que ces libérations ne constituent pas une libération totale, mais plutôt une application de « mesures de précaution restrictives ».

« Ces personnes sortent de prison, mais sont toujours soumises à des mesures de précaution. »

Gonzalo Himiob, vice-président du Forum Pénal

Il a précisé que la procédure pénale reste ouverte, permettant à l’État de maintenir un contrôle permanent sur les personnes libérées.

Le politologue Luis Nunes estime que ces libérations conditionnelles s’inscrivent dans une stratégie de contrôle politique plutôt que dans une véritable politique de justice. Il souligne que les décisions concernant Juan Pablo Guanipa ne dépendent pas uniquement de Delcy Rodríguez, mais aussi des pressions exercées par Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur et figure influente du régime.

L’analyste politique Leandro Rodríguez Linárez a souligné que l’arrestation de Guanipa reflète la persistance de pratiques arbitraires dans le traitement des prisonniers politiques et l’absence de garanties procédurales. Il a rappelé que de nombreuses arrestations de prisonniers politiques étaient illégales et effectuées sans mandat judiciaire.

Selon Rodríguez Linárez, le gouvernement vénézuélien est soumis à des pressions internationales, notamment de la part des États-Unis, pour améliorer la situation des droits de l’homme. Cependant, il met en garde contre le risque que ces libérations conditionnelles ne soient qu’une façade pour masquer un contrôle politique renforcé. Il a également évoqué le débat sur la loi d’amnistie en discussion à l’Assemblée nationale, soulignant qu’elle pourrait être conçue pour avantager le chavisme et exclure certains secteurs de la société.

Les États-Unis pourraient intensifier la pression politique et diplomatique si ces pratiques persistent, notamment en ce qui concerne les droits de l’homme et le calendrier électoral. Cependant, une accélération forcée du processus électoral pourrait être contre-productive si les conditions d’une transition démocratique ne sont pas réunies.

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