Publié le 8 novembre 2025, 09:15. La nouvelle série Netflix « Mort par la foudre » plonge dans les intrigues politiques tumultueuses du 19e siècle américain, révélant une réalité historique aussi folle que n’importe quelle fiction hollywoodienne.
- L’assassinat du président James Garfield en 1881, une histoire d’ambitions démesurées, de corruption et d’un destin tragique.
- La série explore les aspects méconnus de cette période, où l’accès aux plus hautes sphères du pouvoir était étonnamment… démocratique.
- Des détails historiques troublants, comme la conservation du cerveau de l’assassin, viennent jalonner ce récit captivant.
La série limitée de Netflix, baptisée « Mort par la foudre », explore l’assassinat du président James Garfield en 1881, une période de l’histoire américaine souvent reléguée au second plan dans les livres d’histoire et la culture populaire. Le créateur de la série, Mike Makowsky, souligne que cette époque était « insensée et tellement insondable selon les normes d’aujourd’hui ». La série, basée sur le livre « Destiny of the Republic » de Candice Millard, met en lumière la folie d’une ère où la corruption politique et les accès déconcertants aux dirigeants étaient monnaie courante.
Michael Shannon incarne le président Garfield, tandis que Matthew Macfadyen campe le rôle de son assassin, Charles Guiteau. Nick Offerman complète le casting en tant que vice-président Chester A. Arthur. Makowsky a cherché à susciter l’intérêt pour l’histoire américaine, reconnaissant que les contraintes de quatre épisodes ne permettaient pas de tout inclure.
Parmi les points soulevés, la série évoque subtilement les possibles indiscrétions de James Garfield. Historiquement, il est suggéré qu’il entretenait une relation étroite avec Kate Sprague, liée au rival politique de Garfield, Roscoe Conkling. Bien que Makowsky ait choisi de ne pas développer cette facette pour ne pas alourdir le récit, il souligne que Garfield lui-même se considérait comme loin d’être un « grand homme ». Sa vision de la sécurité était d’ailleurs fataliste : il estimait qu’on ne pouvait se prémunir d’un assassinat plus qu’une mort par la foudre.
Un aspect particulièrement frappant de l’époque était l’absence de services de sécurité présidentiels tels que nous les connaissons. Les présidents avaient des « heures de bureau » à la Maison Blanche, et n’importe qui pouvait demander une audience. Cette perméabilité, même après l’assassinat d’Abraham Lincoln quinze ans plus tôt dans un contexte de guerre civile particulièrement tendu, semble aujourd’hui inimaginable.
Les Services Secrets n’ont d’ailleurs pris en charge la protection à plein temps du président qu’en 1902, après l’assassinat de William McKinley en 1901. Quant à l’assassin, Charles Guiteau, son cerveau a effectivement été conservé par le gouvernement comme spécimen médical. Les médecins de l’époque, peu équipés pour analyser de tels échantillons, l’ont gardé pour des études futures, un artefact troublant que Makowsky a eu l’occasion de voir dans une base militaire du Maryland, avec une autorisation spéciale.
La série prend quelques libertés créatives, comme l’épisode imaginé où Guiteau et Chester A. Arthur partageraient une soirée arrosée lors d’un combat de boxe féminine. Si l’historien reconnaît une certaine familiarité entre Guiteau et les cercles politiques, cette scène reste une pure invention pour le plaisir des acteurs et du public.
Enfin, la série aborde la question de la mort de Garfield. Les médecins, qui n’avaient pas encore pleinement adopté la théorie des germes, ont exploré la plaie du président avec leurs mains sales et un détecteur de métaux. Si l’on ne peut prouver à 100 % que l’infection fatale (septicémie) fut exclusivement causée par ces soins, la négligence et l’hygiène rudimentaire de l’époque ont très probablement joué un rôle déterminant dans le décès du président, comme le suggère un article de PBS.