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« Voting Arena » – Fiscalité des particuliers : Le ministre des Finances et le kebab – Actualités

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Publié le 13 février 2026 à 23h00. La Suisse se prépare à voter sur l’instauration de la fiscalité individuelle, une réforme visant à corriger une inégalité jugée injuste par ses partisans, mais qui suscite des inquiétudes quant à ses conséquences sur les finances publiques et les modèles familiaux.

  • La fiscalité individuelle permettrait aux couples mariés de déclarer leurs revenus séparément, mettant fin à la « pénalité du mariage » dénoncée depuis des décennies.
  • Le gouvernement estime que 50 % des contribuables en bénéficieraient, tandis que 14 % verraient leur charge fiscale augmenter.
  • Des divergences subsistent entre les cantons et les communes quant aux coûts administratifs et à l’impact réel de cette réforme.

Le débat sur la fiscalité individuelle revient sur le devant de la scène après plus de 40 ans de discussions infructueuses. Le Tribunal fédéral a déjà reconnu l’injustice de la pénalité du mariage, mais aucune solution concrète n’a été adoptée jusqu’à présent. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter défend cette nouvelle proposition comme un moyen d’éliminer une « honte » pour la politique suisse et d’alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne.

« Une fois avec tout, ce n’est disponible qu’en kebab – pas en droit fiscal », a ironisé la ministre des Finances pour illustrer la complexité de la situation et la nécessité de trouver une solution équitable. Selon elle, la fiscalité individuelle permettrait de simplifier le système fiscal et de le rendre plus juste pour tous.

Cependant, l’opposition est farouche. Esther Friedli, conseillère aux États UDC, met en garde contre le risque de créer de nouvelles injustices. Elle estime que la fiscalité individuelle est une « révolution fiscale » qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles sur les incitations à l’emploi et l’équilibre familial. « Les vieilles injustices ne doivent pas être remplacées par de nouvelles », a-t-elle déclaré.

Eva Herzog, conseillère au Conseil, adopte un point de vue différent. Elle souligne que la fiscalité individuelle encouragerait le deuxième revenu d’un mariage à augmenter sa charge de travail, ce qui correspondrait à l’évolution sociale actuelle vers une plus grande participation des femmes au marché du travail. « Cette réforme prend donc en compte les changements sociaux », a-t-elle affirmé.

Philipp Matthias Bregy, président du Centre, critique également la fiscalité individuelle, estimant qu’elle ne tient pas suffisamment compte de la diversité des modèles familiaux. Il plaide pour un système fiscal qui ne favorise ni ne pénalise les différentes formes de vie en couple, mais qui assure une répartition équitable des charges fiscales. Il soutient une initiative de son parti visant à mettre fin à la pénalité du mariage sans introduire la fiscalité individuelle.

Effort supplémentaire ou simplification : litige entre élus communaux et cantonaux

L’Association suisse des villes soutient la proposition, arguant qu’un système fiscal cohérent et uniforme simplifierait les procédures administratives et réduirait les coûts. Son président estime que la fiscalité individuelle constituerait un « net soulagement » pour les contribuables.

Cornelia Stamm Hurter, présidente de l’arrondissement de Schaffhouse, est en désaccord. Elle met en avant les coûts supplémentaires que la fiscalité individuelle engendrerait pour l’administration fiscale cantonale et pour les contribuables. Selon ses estimations, le canton de Schaffhouse devrait créer 20 emplois supplémentaires, ce qui représenterait un coût de 2,5 millions de francs suisses.

La décision finale reviendra aux citoyens suisses, qui seront appelés à se prononcer par voie référendaire le 8 mars prochain.

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