Publié le 19 février 2026 12:57:00. Dans le nouveau film britannique Déchets, un détenu voit sa chance de libération conditionnelle compromise par l’arrivée d’un nouveau compagnon de cellule imprévisible, offrant un regard cru et réaliste sur la crise du système pénitentiaire britannique.
- Le film dépeint la réalité de la surpopulation carcérale, du manque de personnel et du trafic de drogue en prison, souvent documentés par les détenus eux-mêmes.
- David Jonsson livre une performance remarquable dans le rôle de Taylor, un homme cherchant à se réinsérer après plus de dix ans d’incarcération.
- Tom Blyth incarne Dee, un personnage imprévisible dont l’arrivée perturbe les plans de Taylor et met en lumière la violence et la corruption qui gangrènent les prisons.
Déchets, premier long métrage du réalisateur Cal McMau et des scénaristes Hunter Andrews et Eoin Doran, se présente comme un témoignage social percutant, rappelant le film français Un prophète (2009) dans son exploration des dynamiques de pouvoir et de la violence en milieu carcéral. Le film s’inscrit dans une tradition de réalisme social britannique, tout en apportant une perspective nouvelle et pertinente sur les défis actuels du système pénitentiaire.
Le film s’ouvre sur des images saisissantes, filmées comme des vidéos virales prises avec un téléphone portable, montrant la promiscuité, les moqueries et les menaces qui règnent dans une cellule de prison. « J’ai égorgé quelqu’un pour moins que ça », lâche un détenu, illustrant la brutalité ambiante. McMau s’est inspiré de véritables vidéos prises en prison pour créer une atmosphère d’authenticité troublante, parfois difficile à distinguer de la mise en scène.
L’intrigue se concentre sur Taylor (David Jonsson), incarcéré depuis plus d’une décennie et qui voit soudainement une possibilité de libération conditionnelle s’ouvrir à lui, grâce à un programme gouvernemental mis en place en 2024 pour faire face à la surpopulation carcérale. Son espoir est cependant menacé par l’arrivée de Dee (Tom Blyth), un nouveau détenu charismatique et dangereux, tatoué au cou, qui débarque dans sa cellule en chantant « The Good Life » de Frank Sinatra.
Dee, une force de la nature imprévisible, établit rapidement un commerce illégal en prison, obtenant même une Nintendo Switch. « Je vais diriger cet endroit », proclame-t-il. Taylor, désireux d’obtenir sa libération, tente initialement de se tenir à l’écart, mais finit par céder à la tentation de l’aide de Dee pour obtenir des médicaments ou un téléphone portable, et ainsi contacter son fils qu’il n’a jamais connu. Une amitié fragile se noue entre les deux hommes, mais elle est entachée d’un pacte faustien et d’une tension croissante, exacerbée par la rivalité entre les différents gangs de la prison.
McMau filme l’ensemble avec une froideur et une intensité remarquables, privilégiant une approche naturaliste. Seule une scène de rave improvisée en cellule, sur la musique de Jamie XX, semble plus stylisée que réaliste. Le réalisateur a collaboré avec l’association caritative Switchback pour garantir l’exactitude du récit et a fait appel à de vrais anciens détenus pour les rôles secondaires, renforçant ainsi l’authenticité du film.
David Jonsson, révélé dans Voie de seigle (Rye Lane), La longue marche (The Long Walk) et Extraterrestre : Romulus (Alien: Romulus), livre une performance nuancée et touchante dans le rôle de Taylor, un homme brisé par son passé mais animé par un désir ardent de rédemption. Il incarne la vulnérabilité et la tristesse d’un homme qui aspire à une nouvelle vie.
Tom Blyth, en pleine ascension à Hollywood, apporte une énergie brute et imprévisible au personnage de Dee. Le film, bien qu’il ne propose pas de solution miracle à la crise carcérale, se distingue par son énergie viscérale et sa tension palpable, atteignant des sommets insupportables dans son dernier acte. Il est produit par Philip Barantini, réalisateur du film angoissant Point d’ébullition (Boiling Point).
Comme le souligne le film, la prison est un lieu de désespoir et de violence, mais c’est surtout la performance des acteurs qui rend Déchets si convaincant. « Je ne suis pas fait pour ça », confie Taylor à un moment donné, après s’être vu confier une tâche impossible. La question demeure : qui est réellement fait pour endurer de telles conditions ?
« L’énergie viscérale est extrêmement impressionnante. »