Publié le 2025-10-04 10:01:00. De nouvelles recherches suggèrent que l’univers, loin d’une expansion éternelle, pourrait bien se diriger vers une fin dramatique par effondrement. L’âge de l’univers et sa destinée future sont au cœur de ces découvertes basées sur l’étude de l’énergie noire.
- L’univers aurait une durée de vie totale estimée à environ 33 milliards d’années, dont 13,8 milliards se seraient déjà écoulés.
- Une constante cosmologique négative, suggérée par de nouvelles données, impliquerait un futur repli de l’univers sur lui-même.
- Ce « Grand Effondrement » marquerait l’inverse du Big Bang, avec la contraction de tout l’espace et de la matière en un point unique.
La question de la fin de l’univers, longtemps reléguée au second plan face à l’idée d’une éternité d’expansion, refait surface avec force. Le physicien Henry Tye, de l’Université Cornell, a recalculé l’âge et le devenir de notre cosmos en intégrant des données récentes sur l’énergie noire. Contrairement aux modèles antérieurs qui postulaient une expansion infinie, les nouvelles observations tendent à prouver que l’univers est en réalité plus proche du milieu de son existence et qu’il pourrait connaître une fin radicale.
« Pour chaque vie, on veut savoir comment elle commence et comment elle se termine », rappelle Henry Tye. « Dans notre univers, il est également intéressant de savoir s’il a un début. Dans les années 60, nous avons appris que oui, qu’il a un début. La question suivante est de savoir s’il a une fin. Pendant de nombreuses années, on a pensé qu’il existerait pour toujours. Mais si nos données se confirment, l’univers se terminera. »
Les conclusions de Tye s’appuient sur un modèle intégrant la constante cosmologique, une notion introduite par Albert Einstein pour décrire l’univers. Cette constante, dont l’interprétation reste complexe, est aujourd’hui associée à l’énergie noire, cette force invisible qui compose la majeure partie du cosmos. Alors que pendant vingt ans, on pensait que cette constante était positive, impliquant une expansion perpétuelle, les nouvelles données suggèrent le contraire.
« Les nouvelles données semblent, mais elles suggèrent que la constante cosmologique est négative et que l’univers se terminera par un grand effondrement. »
Henry Tye, physicien
Ce « Grand Effondrement », ou « Big Crunch », serait l’antithèse du Big Bang. Après une phase d’expansion qui devrait se prolonger encore pendant 11 milliards d’années, l’univers atteindrait une taille maximale avant de commencer à se contracter. Tel un ballon dégonflé, il finirait par s’effondrer sur lui-même jusqu’à disparaître en un point unique.
L’univers, dans sa composition actuelle, est composé à hauteur de 4,6 % de matière ordinaire (les atomes qui nous constituent), 23 % de matière noire, et une écrasante majorité de 72 % d’énergie noire, invisible et mystérieuse. Ce sont les observations récentes de l’énergie noire, issues de collaborations telles que celle du Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI) au Chili et d’autres observatoires comme le Zwicky Transient Facility, l’observatoire spatial Euclid, la mission Spherex de la NASA et l’observatoire Vera C. Rubin, qui ont permis d’affiner ces calculs.
L’équipe de Tye a proposé l’existence d’une particule hypothétique de très faible masse, qui aurait agi comme une constante cosmologique au début de l’univers, avant de modifier son comportement. Ce modèle, s’il s’ajuste aux données, positionne la constante cosmologique fondamentale en territoire négatif, déclenchant ainsi le processus de contraction. « Ce n’est pas nouveau que si la constante cosmologique est négative, l’univers finit par s’effondrer. Mais ce modèle dit quand l’univers s’effondrera et comment cela se produira », précise Tye.
Les recherches se poursuivent activement. Des centaines de scientifiques à travers le monde continuent de mesurer l’énergie noire en observant des millions de galaxies, afin de recueillir des données toujours plus précises. Les observations de DESI, par exemple, se prolongeront pendant encore un an, tandis que de nombreuses autres installations astronomiques contribueront à affiner notre compréhension du destin ultime de notre univers.