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L’IRM prédit le diabète chez les patients obèses

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Publié le 21 octobre. Une nouvelle étude publiée dans la revue Radiologie met en lumière un lien direct entre la quantité de graisse dans le foie et le risque accru de développer un prédiabète ou un diabète de type 2 chez les personnes en situation d’obésité.

  • L’accumulation de graisse hépatique, mesurée par la fraction grasse de la densité protonique (PDFF), est un indicateur de risque significatif pour le diabète chez les personnes obèses.
  • Chaque augmentation de 1 % du PDFF dans le foie est associée à une hausse du risque de dysglycémie.
  • L’étude suggère que la quantification du PDFF pourrait devenir un outil précieux pour la gestion et la prévention du diabète chez les populations à risque.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Wuhan, en Chine, et publiée le 21 octobre dans la revue Radiologie, a analysé les données de 683 patients adultes obèses. L’objectif était d’évaluer la relation entre la quantité de graisse présente dans le foie, quantifiée par la fraction grasse de la densité protonique (PDFF) mesurée par IRM, et le risque de développer un prédiabète ou un diabète de type 2.

Les résultats de cette analyse rétrospective sont sans équivoque : une association solide et dose-dépendante a été établie. Les chercheurs ont constaté que chaque augmentation progressive de la fraction grasse hépatique était corrélée à un risque de plus en plus élevé de prédiabète et de diabète avéré. Plus précisément, une augmentation de 1 % du PDFF était associée à une probabilité accrue de prédiabète et de diabète de type 2 (rapport de cotes [OR] de 1,04 ; p < 0,001). La présence d'une stéatose hépatique sévère, définie par un PDFF supérieur ou égal à 25 %, multipliait significativement ce risque (OR de 3,49 pour le prédiabète et de 3,45 pour le diabète de type 2 ; p = 0,01 pour les deux).

La maladie hépatique stéatosique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD), anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique, est une affection en pleine expansion à l’échelle mondiale, parallèlement à l’augmentation de l’obésité et du diabète de type 2. Au-delà de son rôle dans la progression des maladies hépatiques chroniques, le MASLD contribue à la dérégulation métabolique, favorisant ainsi l’émergence du diabète de type II. Face à cette réalité, le besoin de méthodes précises pour stratifier le risque des patients est devenu urgent.

Si le PDFF basé sur l’IRM est déjà un outil reconnu pour le diagnostic de la stéatose hépatique, son potentiel dans la prédiction de la dysglycémie chez les personnes obèses restait jusqu’alors moins exploré. L’étude, qui a classé les patients en fonction de leur tolérance au glucose (normale, prédiabète, diabète de type 2) et de la gravité de leur stéatose hépatique (PDFF < 5 %, 5 % à < 15 %, 15 % à < 25 %, ou ≥ 25 %), vient combler cette lacune.

« Ces résultats soulignent l’importance clinique de la quantification du PDFF hépatique, même à des stades légers, dans cette population à haut risque », ont souligné les auteurs. Ils suggèrent que la mesure des valeurs PDFF, même en présence de faibles niveaux de stéatose, peut fournir aux radiologues des informations cliniquement exploitables pour orienter la prise en charge et la prévention chez les patients. Afin de faire progresser cette application clinique, les chercheurs recommandent la conduite d’études longitudinales intégrant le PDFF à des approches multiomiques.

« Notre étude a démontré une association robuste, validée et dépendante de la dose entre la fraction grasse de densité protonique du foie (PDFF) et le risque de diabète chez les personnes obèses », a écrit le groupe de chercheurs.

Dans un éditorial accompagnant la publication, le Dr Scott Reeder et le Dr Jitka Starekova de l’Université du Wisconsin-Madison estiment que cette étude apporte des données précieuses. Elle suggère que l’accumulation de graisse dans le foie pourrait ne pas être un processus passif, mais plutôt un facteur clé dans la résistance à l’insuline et le développement ultérieur du diabète.

« Cette étude constitue une contribution importante, fournissant à la fois une base solide pour de futures recherches et un argument convaincant en faveur d’une adoption clinique plus large du PDFF », ont conclu le Dr Reeder et le Dr Starekova.

L’intégralité de l’étude est disponible en ligne.

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