Malgré des promesses répétées des acteurs politiques et des opérateurs télécoms, la couverture mobile reste un défi en Allemagne. Une nouvelle analyse du ministère fédéral du Numérique et de la Modernisation de l’État révèle l’étendue des zones blanches, ces territoires dépourvus de réseau, et met en lumière les obstacles persistants à leur suppression.
Selon les données rendues publiques mardi par le ministère (BMDS), ce sont 23 502 kilomètres carrés qui échappent à toute couverture 4G ou 5G, quel que soit l’opérateur. Si la grande majorité de ces zones mortes, environ 95 %, sont d’une superficie inférieure à un kilomètre carré, le paysage numérique allemand compte encore 47 « déserts » de réseau de plus de 20 kilomètres carrés. Ces chiffres, basés sur les informations de l’Agence fédérale des réseaux, de la Société d’infrastructure de communications mobiles (MIG) et de l’Agence fédérale de cartographie et de géodésie (BKG), dressent un constat préoccupant.
Les régions du sud et du sud-ouest de l’Allemagne sont particulièrement touchées, concentrant les deux tiers des zones blanches. La Bavière caracole en tête avec 2 296,76 km² privés de haut débit mobile, suivie de près par le Bade-Wurtemberg (1 110,53 km²). La Hesse et la Rhénanie-Palatinat ferment la marche avec environ 660 km² de territoire non couvert chacune. Ces carences se traduisent par un manque d’accès à internet mobile pour 7 200 foyers bavarois et 8 000 foyers dans le Bade-Wurtemberg.
Le rapport souligne également que la majorité de ces zones blanches se situent dans des régions boisées. En effet, dans 82,7 % des cas, aucun mât de téléphonie mobile n’a été implanté au cœur des forêts, compliquant la diffusion du signal.
Plusieurs facteurs expliquent la persistance de ces « trous » dans le réseau. Les entreprises de télécommunications se heurtent à des difficultés logistiques et administratives considérables, notamment pour déployer des infrastructures dans des zones difficiles d’accès. Les régions frontalières et les réserves naturelles, par exemple, posent des défis accrus en matière de construction, nécessitant de longs processus d’approbation et la mise en place d’aménagements spécifiques.
L’installation de mâts mobiles est intrinsèquement liée à la disponibilité de l’électricité et à l’accès via des routes dédiées. De plus, dans les zones frontalières, une coordination indispensable avec les autorités des pays voisins est requise. Étonnamment, certaines régions comme la Saxe et la Sarre, malgré des frontières étendues et la présence de réserves naturelles, semblent moins affectées par ce phénomène, contrastant avec la Bavière et le Bade-Wurtemberg.
Face à cette situation, le gouvernement fédéral, qui a reconnu le développement des communications mobiles comme un « intérêt public primordial », entend désormais passer à l’action. Le ministre fédéral du Numérique, Karsten Wildberger (CDU), a affirmé que cette étude fournissait une base de données solide pour mieux cibler les efforts et combler ces lacunes de manière plus efficace. « La présente étude fournit une base de données bien fondée qui nous aide à mieux prioriser les déficits d’approvisionnement, à les combler plus précisément et à faire progresser de manière mesurable l’expansion du réseau », a déclaré M. Wildberger à Berlin.
Il reste toutefois à déterminer si de nouveaux mécanismes de financement seront mis en place. Les tentatives passées pour accélérer la construction des infrastructures mobiles ont souvent été ralenties par des procédures qui ont pris plus de temps que prévu.