La pancréatite récurrente, dont les causes demeurent souvent obscures, pourrait trouver une explication dans une malformation congénitale du pancréas : le pancréas divisum. Cette anomalie, présente chez environ 10 % de la population, est désormais considérée comme un facteur de risque potentiel d’obstruction des canaux pancréatiques et de développement de pancréatites chroniques.
Le pancréas divisum se caractérise par une fusion incomplète des canaux pancréatiques dorsal et ventral durant le développement embryonnaire. Normalement, ces deux canaux se rejoignent pour former le canal de Wirsung, qui assure le drainage des enzymes digestives vers l’intestin grêle via l’ampoule de Vater. Dans le cas du pancréas divisum, le canal dorsal, plus petit, prend le relais pour drainer une partie du pancréas – le corps et la queue – à travers le canal de Santorin et la papille mineure.
Cette configuration anatomique anormale peut entraîner un drainage moins efficace des sucs pancréatiques, augmentant ainsi la pression dans le canal et favorisant l’inflammation. « Le pancréas divisum est l’anomalie congénitale la plus courante du canal pancréatique », soulignent les spécialistes, et est souvent découvert fortuitement lors d’examens d’imagerie.
Bien que la majorité des personnes atteintes de pancréas divisum ne présentent aucun symptôme, une proportion significative – environ 5 % – développe des symptômes similaires à ceux de la pancréatite, notamment des douleurs abdominales récurrentes. Pour les patients souffrant de pancréatite aiguë récurrente ou chronique, l’identification d’un pancréas divisum pourrait permettre une meilleure compréhension de la physiopathologie de leur maladie et, potentiellement, une adaptation des stratégies thérapeutiques.