Publié le 20 février 2026 à 15h30. Face aux tensions commerciales avec la Chine et aux droits de douane européens, le groupe Volkswagen envisage de relocaliser la production du SUV électrique Cupra Tavascan en Europe, une décision stratégique pour assurer la pérennité de sa marque espagnole.
- Volkswagen étudie la possibilité de fabriquer le successeur du Cupra Tavascan en Europe plutôt qu’en Chine.
- La Commission européenne a accordé une dérogation temporaire au Tavascan, assortie de conditions strictes concernant les prix et les volumes d’importation.
- Cette décision s’inscrit dans le plan de restructuration de Volkswagen visant à réduire ses coûts et à renforcer sa souveraineté industrielle.
Le groupe Volkswagen revoit sa stratégie industrielle concernant le Cupra Tavascan. Selon des informations provenant d’Allemagne, le constructeur allemand envisage sérieusement de produire le futur modèle du SUV coupé électrique sur le continent européen, et non plus dans l’usine d’Anhui en Chine. Cette volte-face intervient alors que le Tavascan, actuellement assemblé en Asie, était au cœur d’une bataille tarifaire avec Bruxelles.
Bien que le Tavascan ait récemment obtenu un accord de compromis avec l’Union européenne, la vulnérabilité de sa production en Chine a incité les dirigeants de Volkswagen à repenser leur stratégie à long terme. L’objectif est de garantir la viabilité commerciale de ce modèle, qui est un pilier de l’électrification de la jeune marque Cupra, en le protégeant des futures fluctuations des relations commerciales et en optimisant sa logistique par rapport à ses principaux marchés.
Une dérogation européenne avec des contreparties
Cette possible relocalisation fait suite à l’acceptation par la Commission européenne d’une dérogation exceptionnelle pour le modèle actuel. Après des mois de négociations, le Tavascan a été exempté des droits de douane supplémentaires (qui atteignaient 20,7 % sur une base de 10 %) et ne s’acquitte désormais que des droits d’importation standards. En contrepartie, Volkswagen a dû accepter des conditions rigoureuses qui limitent sa marge de manœuvre commerciale. Cette situation a d’ailleurs provoqué l’ire de la Chine.
Dans le cadre de cet accord, entré en vigueur mi-février 2026, Cupra s’engage à vendre le Tavascan à un prix d’importation minimum convenu, afin de ne pas pénaliser l’industrie automobile européenne. Le constructeur devra également limiter strictement le nombre d’unités importées de Chine. Parallèlement, la marque s’est engagée à réaliser des investissements importants dans des projets de mobilité électrique au sein de l’Union européenne, en lien avec le lancement du nouveau Cupra Raval, produit en Espagne.
La souveraineté industrielle au cœur de la stratégie
Malgré ce sursis, Cupra reconnaît que le modèle de production actuel en Chine présente des risques. Un porte-parole de SEAT/Cupra a déclaré que, bien que l’usine d’Anhui bénéficie de synergies mondiales, le groupe évalue constamment l’utilisation de ses différentes usines à travers le monde. La possibilité de fabriquer le prochain modèle en Europe permettrait à Cupra de s’affranchir des restrictions de prix minimaux et des quotas qui entravent actuellement sa compétitivité. Le Tavascan est actuellement plus cher que ses concurrents directs.
Cette décision s’inscrit dans le cadre du vaste plan de restructuration de Volkswagen, qui vise à réduire ses coûts de 20 % d’ici 2028 et à renforcer sa résilience face à la concurrence. En relocalisant la production, la marque éviterait non seulement les droits de douane, mais soutiendrait également la stratégie industrielle de l’UE, un atout essentiel pour bénéficier du soutien institutionnel dans la transition vers la voiture électrique.