Publié le 2024-02-21 12:15:00. Une nouvelle étude de l’ESRI met en lumière les frustrations persistantes des éleveurs irlandais face à la lutte contre la tuberculose bovine, tandis que l’ICMSA réclame une approche plus équitable et des objectifs clairs pour éradiquer la maladie.
- L’ESRI souligne la nécessité d’une communication plus efficace et basée sur des preuves concernant les mesures de lutte contre la tuberculose bovine.
- L’ICMSA critique le manque d’objectifs et de délais pour l’ensemble de la filière bovine, estimant que les agriculteurs supportent seuls le fardeau financier.
- De nouvelles réglementations prévues pour 2026 pourraient aborder certains aspects soulevés par l’étude, mais l’ICMSA reste sceptique quant à leur efficacité sans une approche globale.
Les résultats d’une récente recherche menée par l’Economic and Social Research Institute (ESRI) sur le comportement et les attitudes des agriculteurs irlandais vis-à-vis du programme de lutte contre la tuberculose bovine (bTB) confirment les difficultés rencontrées depuis des années, selon Eamon Carroll, vice-président de l’Irish Creamery and Milk Suppliers Association (ICMSA). L’étude met en évidence un sentiment de fatalisme chez les éleveurs confrontés à des foyers répétés de la maladie.
M. Carroll a insisté sur le besoin d’une nouvelle impulsion dans la lutte contre la bTB, une maladie qui a des conséquences désastreuses sur les exploitations agricoles depuis des générations.
« Cela nécessitera que les délais et les objectifs soient atteints avec la flexibilité du plan pour « pivoter » et aborder les domaines qui pourraient nécessiter plus de ressources ou de concentration. »
Eamon Carroll, vice-président de l’ICMSA
Il a souligné l’importance d’une stratégie claire pour éliminer complètement la bTB des troupeaux, et non pas simplement la contenir.
L’ICMSA salue l’ESRI pour ses travaux et met particulièrement en avant sa recommandation de privilégier une communication fondée sur des données probantes et d’éviter les documents trop techniques.
« C’est exactement ce que l’ICMSA demande au Département de mettre en œuvre depuis plusieurs années : utiliser les données et la science pour indiquer si nous faisons des progrès ou non – sans nous enliser dans les moindres détails. »
Eamon Carroll, vice-président de l’ICMSA
L’étude de l’ESRI a également identifié un sentiment de « fatalisme » chez les éleveurs dont les troupeaux sont touchés par la bTB. M. Carroll a insisté sur la nécessité d’examiner de près cette attitude, soulignant l’impact négatif sur le moral et la santé mentale des agriculteurs confrontés à des épidémies répétées.
« C’est une question de moral et si un agriculteur se trouve dans un manège sans fin d’épidémies de tuberculose bovine, il devient désespérément difficile de changer de dynamique d’un point de vue financier ou de santé mentale. »
Eamon Carroll, vice-président de l’ICMSA
Il a appelé le ministère à communiquer davantage avec les agriculteurs concernés et à leur apporter des solutions concrètes.
Des nouvelles règles entreront en vigueur en 2026 et devraient aborder certaines des questions soulevées par l’étude, notamment l’historique des animaux et les mesures de biosécurité. L’ICMSA se dit prête à accorder aux nouvelles réglementations le temps nécessaire pour produire des résultats, mais reste préoccupée par le manque d’objectifs et de délais pour l’ensemble de la filière. M. Carroll a critiqué le fait que seuls les agriculteurs soient soumis à des objectifs précis et subissent des pertes financières.
« Nous pensons que le même degré de conformité et les mêmes objectifs fixés dans le temps auraient dû être appliqués à toutes les parties prenantes. Dans l’état actuel des choses – et comme d’habitude – les agriculteurs portent tout le monde. »
Eamon Carroll, vice-président de l’ICMSA