Publié le 10 février 2026. Une vaste étude internationale révèle que les allergies alimentaires chez les enfants ne sont pas dues à un seul facteur, mais à une combinaison complexe de prédispositions génétiques, d’éléments environnementaux et de la santé infantile.
- L’eczéma durant la première année de vie multiplie par trois ou quatre le risque de développer une allergie alimentaire.
- Des antécédents familiaux d’allergies augmentent également la vulnérabilité des enfants.
- Introduire trop tardivement des aliments allergènes courants, comme les arachides, peut favoriser l’apparition d’allergies.
Les allergies alimentaires touchent environ 5 % des enfants avant l’âge de six ans. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université McMaster, et publiée dans la revue JAMA Pédiatrie, a analysé les données de près de 2,8 millions d’enfants à travers le monde afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans le développement de ces allergies. Cette recherche, l’une des plus importantes jamais réalisées sur le sujet, confirme que l’hérédité n’est pas le seul facteur déterminant.
L’étude a examiné systématiquement plus de 340 facteurs potentiellement liés aux allergies alimentaires. Les résultats mettent en évidence l’importance d’une interaction entre les gènes, l’état de la peau, le microbiome intestinal et l’exposition à divers éléments environnementaux. Selon l’auteur principal, le professeur Derek Chu, il s’agit d’une véritable « tempête parfaite » qui peut déclencher une réaction allergique.
« Notre étude souligne que la génétique à elle seule ne peut pas expliquer pleinement les tendances en matière d’allergies alimentaires, soulignant les interactions — ou une « tempête parfaite » — entre les gènes, la santé de la peau, le microbiome et les expositions environnementales. »
Derek Chu, professeur adjoint aux départements de médecine et de méthodes de recherche en santé, données probantes et impact de l’Université McMaster
L’utilisation d’antibiotiques durant la petite enfance, et même pendant la grossesse, a également été associée à un risque accru d’allergies alimentaires. En revanche, l’étude n’a pas trouvé de lien significatif entre le faible poids à la naissance, un accouchement tardif, un allaitement maternel partiel, un régime alimentaire spécifique ou le stress pendant la grossesse et le développement d’allergies.
Les chercheurs espèrent que ces découvertes permettront d’identifier les nourrissons les plus à risque et de mettre en place des stratégies de prévention précoces plus efficaces. Ils soulignent la nécessité de mener de nouvelles études cliniques randomisées et de mettre à jour les recommandations actuelles afin de traduire ces résultats en actions concrètes. La recherche a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et le groupe de travail conjoint AAAAI/ACAAI sur les paramètres de pratique en matière d’allergies.