Publié le 17 février 2026 08h45:00. Le nouveau film de Kornél Mundruczó, « À la mer », met en scène Amy Adams dans le rôle d’une artiste en lutte contre ses démons intérieurs, mais peine à transcender un scénario prévisible malgré la présence d’une distribution prestigieuse.
- Amy Adams livre une performance intense dans un rôle exigeant, mais le film souffre d’un manque de profondeur narrative.
- Le long métrage, présenté à la Berlinale, explore les thèmes de la dépendance, de la famille et de la rédemption.
- La réalisation de Kornél Mundruczó, habituellement audacieuse, apparaît ici plus conventionnelle.
« À la mer » suit Laura Baum, une danseuse et chorégraphe renommée, qui tente de reconstruire sa vie après avoir passé six mois en cure de désintoxication pour alcoolisme. Le film explore les tensions au sein de sa famille – son mari, Martin, et sa fille adolescente, Josie – ainsi que les défis professionnels auxquels elle est confrontée à son retour.
Amy Adams, reconnue pour son engagement et son sérieux dans son travail, aborde ce rôle avec une vulnérabilité palpable. Cependant, le scénario, co-écrit par Kata Wéber, la partenaire de Mundruczó, peine à offrir une véritable profondeur psychologique à son personnage. Le film préfère souvent recourir à des dialogues explicatifs et à des flashbacks fragmentés plutôt qu’à une exploration subtile des émotions de Laura.
Tourné à l’été 2024, « À la mer » semble avoir subi de nombreuses modifications en post-production, ce qui se traduit par un rythme inégal et une impression de lourdeur. La cinématographie de Yorick Le Saux, privilégiant des tons beiges, contribue à une atmosphère mélancolique, mais manque de dynamisme. L’action se déroule principalement sur Cape Cod, dans le domaine familial de Laura, hérité de son père, également chorégraphe.
La distribution, riche en talents, comprend également Dan Levy, Brett Goldstein et Jenny Slate. Ces acteurs apportent une touche de relief aux personnages secondaires, mais ne parviennent pas à compenser les faiblesses du scénario principal. Le film aborde des thèmes complexes tels que la dépendance, les relations familiales dysfonctionnelles et la pression du succès, mais le fait d’une manière trop conventionnelle et prévisible.
Certains critiques ont souligné que « À la mer » ressemble davantage à un téléfilm dramatique qu’à une œuvre cinématographique ambitieuse. L’alcoolisme, bien que traité avec sérieux, est présenté comme un problème de privilégiés, avec une cure de désintoxication de luxe accessible uniquement à une élite fortunée. Le film évoque également, de manière superficielle, une relation difficile entre Laura et son père, à travers des flashbacks énigmatiques.
Les rares moments de grâce du film résident dans les séquences de danse, notamment une scène mère-fille intuitive et interprétative sur la plage. Cependant, même ces moments sont entachés d’une certaine maladresse et manquent de la puissance émotionnelle que l’on pourrait attendre. Kornél Mundruczó, connu pour ses films audacieux tels que « White God » et « Pieces of a Woman », semble ici avoir opté pour une approche plus sobre et conventionnelle.
Il reste à voir si « À la mer » parviendra à trouver son public, que ce soit en salles ou sur les plateformes de streaming. La présence d’Amy Adams pourrait attirer l’attention des distributeurs indépendants, mais le film risque de passer inaperçu face à une concurrence féroce. Amy Adams, dont le dernier film, « Nightbitch », est passé relativement inaperçu, pourrait espérer que ce nouveau rôle lui apportera la reconnaissance qu’elle mérite.