Des artefacts visuels sur les images IRM de l’oreille interne pourraient être liés à la position de la tête du patient, et non à une anomalie médicale, selon une étude autrichienne. Cette découverte pourrait améliorer l’interprétation des examens et le confort des patients lors des IRM à champ élevé.
Les radiologues peuvent parfois observer de petites taches sombres en forme de losange sur les IRM de l’oreille interne. L’étude, menée à l’Université Karl Landsteiner d’Autriche (KL Krems), suggère que ces « vides d’écoulement » ne sont pas toujours le signe d’un problème de santé. Ils pourraient simplement être causés par la façon dont la tête du patient est positionnée dans le scanner.
L’équipe de recherche a constaté que ces artefacts deviennent plus marqués lorsque la tête est inclinée vers l’arrière et diminuent lorsque le menton est abaissé. De plus, certains participants à l’étude ont ressenti des étourdissements lorsque leur tête était penchée en arrière.
L’étude a porté sur 20 adultes en bonne santé, examinés à l’aide d’un scanner IRM à 3 Tesla. Chaque volontaire a subi deux examens de l’oreille interne : un avec la tête fléchie et un avec la tête étendue. Les chercheurs ont ensuite mesuré la proportion du vestibule occupée par les vides d’écoulement. Les résultats ont montré une augmentation d’environ 15 points de pourcentage de la zone de faible signal dans le vestibule lorsque la tête était inclinée vers l’arrière.
« Ces petites taches sombres vestibulaires ne sont pas des caractéristiques anatomiques fixes, mais changent avec la position de la tête dans le champ magnétique », explique le professeur Domagoj Javor, chef de l’Institut de radiologie diagnostique et interventionnelle de l’hôpital universitaire de Krems. « C’est exactement ce que l’on attend d’un artefact dépendant de la position plutôt que d’une pathologie de l’oreille interne. »
Les chercheurs pensent que les champs magnétiques puissants peuvent influencer le mouvement du fluide dans l’oreille interne, une force physique connue sous le nom de force de Lorentz. Ce mouvement peut perturber le signal IRM et créer les vides d’écoulement observés. Il peut également contribuer aux vertiges en déviant des structures sensibles de l’oreille interne.
Pour améliorer la précision des diagnostics, les auteurs de l’étude recommandent de vérifier si ces hypointensités vestibulaires changent avec la position de la tête ou en utilisant différents types de séquences IRM. L’utilisation de séquences d’écho de gradient, moins sensibles aux mouvements fluides, pourrait également être utile. Ils soulignent également l’importance de documenter l’inclinaison de la tête lors de l’examen et de reconstruire les images dans le plan du canal semi-circulaire horizontal.
« Les radiologues doivent être conscients que cette hypointensité caractéristique en forme de losange dans le vestibule a tendance à augmenter avec l’extension de la tête et à diminuer avec la flexion », précise le Dr Béla Büki, de la division d’oto-rhino-laryngologie de l’hôpital universitaire de Krems. « Vu isolément, elle peut imiter une lésion focale, mais dans de nombreux cas, elle reflète simplement un fluide se déplaçant dans un champ magnétique puissant. »
Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude pilote et que des recherches supplémentaires, impliquant un plus grand nombre de participants et différentes intensités de champ magnétique, sont nécessaires pour confirmer ces résultats et les étendre aux patients souffrant de troubles vestibulaires.