Publié le 2024-05-15 10:00:00. L’instauration d’équipes spécialisées au sein des hôpitaux néerlandais améliore significativement le dépistage du VIH chez les patients présentant des maladies révélatrices du virus. Une étude récente souligne une augmentation notable des tests réalisés, bien que certaines populations restent sous-représentées.
L’intégration de « VIH teams » (équipes VIH) dans le milieu hospitalier permet de sensibiliser efficacement au dépistage du virus chez les individus souffrant de pathologies potentiellement liées à une infection non diagnostiquée. Cette initiative, testée au Centre Médical Universitaire Erasmus de Rotterdam, a entraîné une hausse substantielle des taux de dépistage, passant de 50,1 % avant leur mise en place à 80,7 % par la suite. L’étude, menée de janvier 2020 à juillet 2023, a analysé plus de 313 000 diagnostics médicaux.
Ces maladies, dites « indicatrices du VIH », sont diverses et incluent des affections telles que le cancer du col de l’utérus, certains lymphomes non hodgkiniens, des hépatites virales (B ou C), ou encore des infections sexuellement transmissibles (IST). Elles peuvent également concerner des patients dont la prise en charge clinique serait significativement impactée par un diagnostic tardif du VIH, notamment ceux nécessitant des traitements immunosuppresseurs intensifs.
Les « VIH teams », composées de médecins spécialistes, avaient pour mission de promouvoir les dépistages ciblés sur ces maladies indicatrices, de former le personnel soignant et de fournir un retour d’information aux médecins traitants. Malgré l’efficacité globale, des progrès restent à faire pour que cette stratégie bénéficie à tous. Les personnes âgées, les femmes, les migrants et les hétérosexuels sont identifiés comme des groupes plus susceptibles de voir une maladie indicatrice du VIH passer inaperçue.
Parmi les patients diagnostiqués avec une maladie indicatrice du VIH, le taux de dépistage du virus a grimpé de manière spectaculaire, s’établissant à 80,7 % contre 50,1 % avant l’intervention des équipes dédiées. La prévalence du VIH dans cette cohorte était de 0,6 %. Les pathologies les plus fréquemment rencontrées après la mise en place des équipes VIH incluaient le cancer du col de l’utérus, les lymphomes non hodgkiniens et les IST.
Une analyse plus fine a révélé que les femmes atteintes de ces maladies indicatrices présentaient une probabilité moindre de se voir proposer un test VIH (rapport de cotes ajusté [aOR] de 0,59). De même, les patients dont la pathologie n’était pas explicitement mentionnée dans les recommandations nationales de dépistage avaient moins de chances d’être testés (aOR de 0,36).
La validation de cette approche a été confirmée par une étude externe menée au Centre Médical Universitaire de Leiden, qui a également observé une augmentation significative du recours au dépistage du VIH suite à l’introduction d’équipes similaires.
En conclusion, les chercheurs estiment que la création d’équipes hospitalières dédiées au VIH, adoptant une approche globale, constitue une stratégie efficace et pérenne pour accroître le dépistage associé aux maladies indicatrices. Des recherches supplémentaires sont recommandées pour optimiser ces dispositifs et garantir un dépistage systématique et équitable du VIH.