Publié le 2025-10-11 14:47:00. Surnommée « herbe sacrée », la verveine officinale, plante aux multiples vertus médicinales ancrées dans l’histoire, fait l’objet d’études scientifiques qui confirment ses propriétés bénéfiques pour le corps et l’esprit.
- La verveine officinale (Verbena officinalis) est utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, anxiolytiques, expectorantes et cicatrisantes.
- Des recherches suggèrent des effets positifs sur le système nerveux, notamment une action anxiolytique comparable à certains médicaments, et un potentiel bénéfice pour la santé cérébrale.
- La consommation sous forme d’infusion des sommités fleuries est recommandée, avec des précautions d’usage pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Originaire d’Europe, la verveine officinale, également connue sous le nom de verveine commune, s’est naturalisée dans diverses régions d’Amérique et d’Asie. Son usage à des fins thérapeutiques remonte à des temps immémoriaux. Clara Fuchs, herboriste, explique que ses principes actifs, tels que les huiles essentielles, les flavonoïdes et les mucilages, lui confèrent des propriétés reconnues.
« Son utilisation comme plante médicinale remonte à l’Antiquité classique, avec des preuves que les anciens Égyptiens l’utilisaient et que les Grecs la consacraient à la déesse Eos. Il existe également des traces de son utilisation au début de l’Europe médiévale, associée à des propriétés curatives divines, et par les peuples celtes comme plante sacrée », partage Fuchs. « Traditionnellement, elle a été utilisée pour traiter le rhume, la toux, la bronchite, les coliques, la distension abdominale, l’inflammation, les maux de tête, l’anxiété et l’insomnie », ajoute-t-elle.
Plusieurs études, notamment celles publiées par les National Institutes of Health (NIH), mettent en lumière les bienfaits de cette plante riche en composés végétaux bénéfiques. Bien que les essais cliniques chez l’homme soient encore limités, les recherches actuelles fournissent des pistes prometteuses.
Les flavonoïdes et les acides phénoliques présents dans la verveine démontrent une activité antioxydante, contribuant à neutraliser les radicaux libres et à protéger contre le stress oxydatif, comme l’a souligné une étude parue dans *Phytotherapy Research* en 2008. De plus, des recherches menées sur des rats suggèrent que l’extrait de verveine pourrait être bénéfique pour certaines conditions neurologiques ou liées au cerveau, améliorant potentiellement les lésions cérébrales après un accident vasculaire cérébral. Ce mécanisme serait lié à la promotion du développement de nouveaux vaisseaux sanguins dans le cerveau et à l’amélioration de la fonction mitochondriale, essentielle à la production d’énergie cellulaire.
Les études préliminaires et in vitro ont également révélé des effets anti-inflammatoires de la verbénaline et des flavonoïdes végétaux, capables d’inhiber les médiateurs inflammatoires. Milagros Sympson, nutritionniste, précise que ces propriétés font de la verveine une alliée pour soulager les maux de tête légers et les douleurs menstruelles.
La verveine est aussi reconnue depuis longtemps comme un relaxant et un tonique nerveux. Des recherches animales corroborent cet usage, attribuant à la plante de légers effets sédatifs et anxiolytiques. Sympson explique que la verbaline, un composant de la verveine, pourrait interagir avec le système nerveux central, favorisant ainsi la relaxation et le sommeil.
Une étude sur des rats a même montré qu’une dose de 0,1 à 0,5 gramme d’extrait de verveine par kilogramme de poids corporel exerçait un effet anxiolytique comparable au diazépam, un médicament couramment prescrit. Cet effet est attribué à la présence de flavonoïdes et de tanins, reconnus pour leurs propriétés anxiolytiques et sédatives.
D’autres études chez le rat indiquent que l’extrait de verveine pourrait aider à contrôler les convulsions ou les spasmes chez les personnes atteintes de maladies neurologiques comme l’épilepsie, en retardant leur apparition et en réduisant leur durée. La verbenine, un composant clé de la plante, a même été étudiée pour son potentiel par rapport au bromure, un traitement classique de l’épilepsie. Il est toutefois important de noter qu’en l’absence d’essais cliniques robustes chez l’homme, ces résultats restent préliminaires.
Consommation et recommandations
La forme de consommation privilégiée pour bénéficier des propriétés de la verveine est l’infusion, pour son accessibilité et son efficacité. « Il est conseillé d’utiliser les sommités fleuries de la plante (la branche avec des fleurs ou des boutons floraux) », indique Clara Fuchs. La dose approximative suggérée pour un adulte est de cinq grammes par litre d’eau, à infuser pendant cinq à dix minutes dans de l’eau bouillante, avant de filtrer et de consommer.
Il est toutefois rappelé par les phytothérapeutes que la consommation de verveine est déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de deux ans.