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Ce sont les trois virus qui pourraient déclencher une crise en 2026

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Publié le 13 février 2026 22:24:00. Face à un contexte mondial marqué par le changement climatique et une mobilité accrue, plusieurs virus émergents et réémergents suscitent l’inquiétude des spécialistes, de l’Oropouche, discret mais en expansion, à la grippe aviaire H5N1, en passant par le mpox.

  • Le virus Oropouche, transmis par des moustiques, se propage rapidement en Amérique latine et a été détecté pour la première fois en Europe en 2024.
  • La grippe aviaire H5N1 a franchi la barrière de l’espèce en infectant des vaches laitières aux États-Unis, suscitant des craintes quant à une possible adaptation à la transmission humaine.
  • Le mpox, après une épidémie mondiale en 2022, présente désormais deux variants en circulation, dont un plus virulent en Afrique centrale.

Alors que l’on pensait l’ère des pandémies derrière nous, une combinaison de facteurs – réchauffement climatique, croissance démographique et augmentation des déplacements de population – crée un environnement propice à l’évolution et à la propagation rapide des virus. Les experts soulignent la nécessité d’une vigilance accrue et d’une préparation constante pour faire face à ces menaces sanitaires.

Le professeur Patrick Jackson, de l’Université de Virginie aux États-Unis, met en garde contre trois virus en particulier dans un article publié par La Conversation : la grippe aviaire H5N1, le mpox et le virus Oropouche. Bien que différents, ces virus partagent un point commun inquiétant : ils ont tous étendu leur zone géographique et pourraient être sur le point de franchir une nouvelle étape.

Le virus Oropouche : une menace émergente d’Amazonie

Probablement le moins connu du grand public, le virus Oropouche est transmis par de minuscules moustiques et provoque des symptômes semblables à ceux de la grippe. Identifié pour la première fois dans les années 1950 à Trinidad, il s’est répandu depuis les années 2000 dans toute l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les Caraïbes. En 2024, des décès liés au virus ont été signalés pour la première fois au Brésil, et des cas liés à des voyageurs infectés ont commencé à être enregistrés en Europe, selon IFL Science.

Des épisodes de transmission verticale – de la mère à l’enfant – ont également été détectés, et un lien potentiel avec des cas de microcéphalie est à l’étude. L’adaptation de l’insecte vecteur à de vastes zones du continent, y compris le sud-est des États-Unis, est particulièrement préoccupante. À l’heure actuelle, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre ce virus.

Face à ce scénario, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a présenté le 5 janvier 2026 une feuille de route visant à accélérer le développement d’outils de prévention et de contrôle contre le virus Oropouche.

Le virus Oropouche est transmis par les moustiques qui prolifèrent dans les zones d'accumulation de déchets, notamment dans les zones urbaines d'Amérique latine et des Caraïbes.
Le virus Oropouche est transmis par les moustiques qui prolifèrent dans les zones d’accumulation de déchets, notamment dans les zones urbaines d’Amérique latine et des Caraïbes.Image : Desmond Boylan/AP/photo alliance

Grippe aviaire H5N1 : du bétail à l’homme

La grippe A représente une menace constante en raison de sa capacité à muter rapidement et à infecter diverses espèces. La pandémie de 2009, causée par la souche H1N1, a causé plus de 280 000 décès au cours de sa première année, selon La Conversation.

L’attention se porte désormais sur le virus H5N1, connu sous le nom de grippe aviaire. Ce virus a cessé d’être un problème exclusivement aviaire en 2024, lorsqu’il a été détecté pour la première fois chez des vaches laitières aux États-Unis. Ce saut d’espèce a alarmé les experts, car il ne s’agissait pas d’un cas isolé : le virus a réapparu dans des troupeaux de plusieurs États. Des études suggèrent déjà qu’il y a eu de nombreuses transmissions des vaches aux humains, la plupart étant asymptomatiques, selon Patrick Jackson.

La crainte principale est que le virus parvienne à s’adapter pour se transmettre efficacement d’une personne à l’autre, une étape nécessaire pour qu’une nouvelle pandémie émerge.

À ce jour, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis ont signalé 71 cas humains et deux décès depuis 2024, sans preuve de transmission communautaire durable. Des vaccins spécifiques sont en cours de développement, car les formulations actuelles pourraient ne pas offrir une protection suffisante contre cette souche.

Mpox : deux variants en circulation mondiale

Pendant des décennies, le mpox – anciennement appelé variole du singe – était une maladie rare, confinée à certaines régions d’Afrique. Tout a changé en 2022, avec une épidémie mondiale du clade IIb qui s’est propagée à plus d’une centaine de pays.

La transmission par contact physique étroit, souvent lors de relations sexuelles, a marqué un tournant. Cette variante a cessé d’être un phénomène localisé pour devenir un virus qui circule aujourd’hui de manière récurrente dans différents pays. Parallèlement, depuis 2024, les pays d’Afrique centrale signalent une augmentation des infections dues au clade I, considéré comme plus grave. Même les États-Unis ont signalé des cas récents de clade Ib chez des personnes n’ayant jamais voyagé en Afrique. Bien qu’un vaccin existe, il n’y a toujours pas de traitement spécifique, et les experts préviennent que l’évolution du virus en 2026 pourrait poser de nouveaux défis sanitaires.

Particules du virus Mpox (en vert) sur les cellules infectées, observées en microscopie électronique à balayage avec colorisation artificielle.
Particules du virus Mpox (en vert) sur les cellules infectées, observées en microscopie électronique à balayage avec colorisation artificielle.Image : NIH-NIAID/IMAGE POINT FR/BSIP/picture alliance

Rougeole, chikungunya et autres menaces virales en 2026

Au-delà de ces trois virus, d’autres suscitent également des inquiétudes. Le chikungunya, par exemple, a causé plus de 445 000 cas suspects et confirmés en 2025, avec au moins 155 décès signalés jusqu’en septembre, selon IFL Science.

Le virus Nipah est également à nouveau sous surveillance après une récente épidémie au Bengale occidental, bien que les spécialistes soulignent qu’il ne présente pas, pour l’instant, la capacité de provoquer une pandémie.

Enfin, certaines maladies, comme la rougeole, sont réapparues en raison de la baisse des taux de vaccination, mettant même en danger le statut d’élimination dans des pays comme les États-Unis. Certains experts préviennent également que des maladies telles que le VIH pourraient connaître un rebond si les coupes budgétaires dans les programmes de coopération internationale en matière de santé se poursuivent.

Tout cela nous rappelle que l’impression que la pandémie de COVID-19 était un épisode exceptionnel et complètement dépassé pourrait être prématurée.

La leçon, pour l’instant, semble claire : dans un monde où les écosystèmes changent et où la mobilité humaine facilite la circulation des agents pathogènes, une vigilance et une préparation constantes restent des outils essentiels pour empêcher les épidémies locales de se transformer en crises mondiales.

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