Publié le 6 février 2024 à 21h45. Alors que la campagne pour les élections régionales d’Aragon touche à sa fin, le Parti Populaire (PP) est pris entre deux feux : une plainte interne pour harcèlement et une escalade des tensions avec son allié potentiel, Vox, tout en cherchant à éviter une nouvelle dépendance pour gouverner.
- Alberto Núñez Feijóo a appelé à un « résultat retentissant » pour le PP en Aragon afin d’éviter de devoir composer avec Vox pour former un gouvernement.
- Le PP a défendu sa direction face à une plainte pour harcèlement contre le maire de Móstoles, tout en minimisant l’affaire lors de son dernier meeting de campagne.
- Feijóo a réitéré ses critiques envers la politique migratoire du gouvernement, accusant l’exécutif de vouloir « donner des papiers pour obtenir des bulletins de vote ».
Dans la dernière ligne droite avant les élections de dimanche, le PP tente de gérer plusieurs crises simultanément. Le parti a dû répondre à une plainte interne déposée par un conseiller pour harcèlement contre le maire de Móstoles, une affaire qui a suscité des interrogations sur le climat interne au sein du parti. Parallèlement, les relations avec Vox se sont tendues, notamment en raison des négociations difficiles qui ont suivi les élections régionales en Estrémadure. Alberto Núñez Feijóo a accompagné Jorge Azcón lors du dernier meeting de campagne à Aragon, où il a insisté sur la nécessité d’obtenir une victoire claire pour éviter de devoir dépendre du soutien de Vox pour gouverner.
« Quiconque préfère Azcón à Sánchez devrait voter pour Azcón. Il ne faut pas rester chez soi, ni voter de manière fragmentée, mais voter clairement », a déclaré Feijóo, sans mentionner explicitement Vox. Il a mis en garde contre le risque d’un vote de protestation qui pourrait aboutir à un blocage politique. « Il faut canaliser sa colère, pas la bloquer. Il est inutile d’aller voter en colère si cela se traduit par un blocage. Le vote de ceux qui en ont marre doit servir à gouverner et non à bloquer, sinon la déception sera encore plus grande », a-t-il ajouté.
Le leader du PP a également relancé ses critiques à l’égard de la politique migratoire du gouvernement, accusant l’exécutif de vouloir faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les migrants en situation irrégulière afin d’obtenir des voix. « Ils veulent régulariser toutes les personnes entrées illégalement dans notre pays (…) et nous ne pouvons pas permettre cela », a-t-il affirmé. Ces déclarations interviennent alors que, en 2024, Feijóo avait déclaré que les migrants en situation régulière pouvaient « être rassurés » quant à leur situation. Plus d’informations sur cette déclaration.
Durant son discours, Feijóo a repris les thèmes habituels du PP, dénonçant la lourdeur de la fiscalité, l’endettement croissant de l’Espagne et le manque de compétitivité de l’économie. Il a également affirmé que le PP était un parti honnête et transparent, contrairement aux socialistes. Cette campagne a été marquée par un incident regrettable, lorsqu’un de ses conseillers a proféré des insultes à l’encontre du président du gouvernement. Détails sur cet incident. Le PP a également utilisé sa majorité au Sénat pour contraindre à une audition publique un membre du gouvernement.
Jorge Azcón, le candidat du PP en Aragon, a quant à lui attaqué le PSOE, l’accusant d’avoir « utilisé les femmes comme des marchandises » et qualifiant Pilar Alegría de « menteuse ». Il a affirmé qu’Alegría lui avait reproché l’attitude d’un ancien conseiller de la Moncloa lors d’un dîner à Madrid, ce que ce dernier a démenti. Azcón a également soulevé des questions sur l’indépendance d’un enquêteur engagé par Alegría pour la campagne, affirmant qu’il entretenait des liens avec l’ancien conseiller. « Il n’y a pas de limites, tout est permis », a-t-il conclu. Plus d’informations sur les accusations d’Azcón.
Le meeting du PP a également été marqué par la présence de Vito Quiles, un militant ultra dont l’accréditation au Congrès est remise en question. Il a récemment participé à une tournée universitaire controversée qui a dégénéré en affrontements. Retour sur la tournée universitaire de Vito Quiles. Le Conseil Consultatif de Communication Parlementaire du Congrès a approuvé un rapport qui le juge coupable de graves violations du règlement concernant l’utilisation de son téléphone portable dans des zones interdites.