Publié le 8 février 2026 10:00:00. Un fossile découvert au Chili, celui du Chilesaurus diegosuarezi, défie les classifications traditionnelles des dinosaures en présentant un mélange déconcertant de caractéristiques carnivores et herbivores.
- Le Chilesaurus diegosuarezi, découvert en 2004, est un dinosaure de la fin du Jurassique (environ 150 millions d’années).
- Il mesurait entre 2 et 3 mètres de long et possédait une morphologie hybride, combinant des traits de dinosaures carnivores et herbivores.
- Des recherches récentes suggèrent qu’il pourrait être un membre primitif du groupe des ornithischiens, remettant en question les classifications établies.
Le Chilesaurus diegosuarezi, un nom qui résonne avec l’histoire de sa découverte, est devenu un sujet d’étude fascinant pour les paléontologues. Ce dinosaure, dont les restes ont été mis au jour en 2004 au Chili par un jeune garçon de sept ans, Diego Suarez, a officiellement été nommé en 2015 par une équipe de chercheurs argentins et chiliens, en hommage à son découvreur.
Avec une longueur estimée entre 2 et 3 mètres, le Chilesaurus se déplaçait sur deux pattes, une posture qui évoque celle des théropodes, le groupe auquel appartient le célèbre Tyrannosaurus rex. Cependant, cette impression initiale s’est rapidement estompée lors d’une analyse plus approfondie de son anatomie. La forme de ses hanches, par exemple, est plus proche de celle des dinosaures à hanches d’oiseaux (ornithischiens), un groupe comprenant des espèces emblématiques comme le Stegosaurus, le Triceratops et l’Iguanodon. Jusqu’à présent, les dinosaures présentant une posture similaire à celle du Chilesaurus étaient généralement classés parmi les théropodes, majoritairement carnivores.
L’étrangeté ne s’arrête pas là. La structure de ses chevilles rappelle celle des dinosaures à long cou, tels que le Plateosaurus, tandis que ses griffes postérieures semblent robustes et adaptées à la préhension, une caractéristique typique des prédateurs. Pourtant, l’étude de son crâne et de ses dents a révélé une adaptation à un régime herbivore. Ses dents, plutôt qu’aiguisées pour déchiqueter la viande, sont conçues pour couper et broyer la végétation.
Cette mosaïque de caractéristiques a longtemps déconcerté les scientifiques, rendant sa classification particulièrement difficile. Initialement, on l’avait considéré comme un proche parent des dinosaures carnivores. Cependant, des recherches plus récentes, menées notamment par des scientifiques du Natural History Museum de Londres, ont conduit à des conclusions différentes.
Les résultats de ces études suggèrent que le Chilesaurus pourrait en réalité être un membre primitif du groupe des ornithischiens. Cela impliquerait qu’il s’agissait d’un dinosaure herbivore qui a conservé de nombreux traits corporels hérités de ses ancêtres carnivores. Les chercheurs le considèrent comme un exemple rare de dinosaure « pris en flagrant délit » au cours d’une transition évolutive, passant d’un régime carnivore à un régime herbivore. Cette découverte a des implications majeures pour notre compréhension de l’arbre généalogique des dinosaures.
Ces dernières années, la communauté scientifique a commencé à remettre en question la division traditionnelle des dinosaures en trois groupes principaux. Des recherches antérieures suggéraient même que les dinosaures ornithischiens pourraient être plus étroitement liés aux théropodes carnivores qu’aux sauropodes à long cou, comme le Diplodocus.
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