La recherche scientifique est de plus en plus menacée par une prolifération de publications frauduleuses, amplifiée par les progrès de l’intelligence artificielle (IA). Une étude récente révèle que près de 10 % des articles de recherche sur le cancer présentent des signes de fabrication par des « usines à papier », des entités vendant des manuscrits à grande échelle.
Selon une étude publiée dans le BMJ, un modèle d’apprentissage automatique a identifié ces articles frauduleux en les comparant à des publications déjà connues pour provenir de ces usines. Le nombre de ces articles a connu une croissance exponentielle depuis le début des années 2000, atteignant plus de 15 % de la production annuelle de recherche sur le cancer dans les années 2020. Ce phénomène ne se limite pas aux revues à faible impact, avec plus de 10 % de ces articles apparaissant désormais dans des publications de premier plan.
Cette situation inquiète les législateurs américains, qui ont adressé des lettres de surveillance à cinq agences fédérales début février, exigeant des informations sur les mesures de protection mises en place pour empêcher ces études falsifiées d’influencer l’attribution des subventions et la recherche financée par l’État. Les inquiétudes portent notamment sur le rôle potentiel des usines à papier liées au Parti communiste chinois, où les pressions exercées sur les chercheurs pourraient stimuler la demande de recherches fabriquées.
Les chercheurs soulignent que l’IA générative pourrait aggraver ce problème en facilitant la production de documents frauduleux. À l’inverse, l’apprentissage automatique peut également être utilisé pour détecter ces pratiques, mais une course contre la montre est engagée. La prolifération de ces publications fabriquées risque de détourner des fonds de recherche précieux et d’éroder la confiance du public dans la science, à un moment où cette confiance est déjà fragile.
Par ailleurs, des allégations persistantes selon lesquelles les pédiatres seraient financièrement incités à vacciner les enfants continuent de circuler, malgré l’absence de preuves et les lois fédérales interdisant de telles pratiques. Une enquête du procureur général du Texas, Ken Paxton, a été lancée en février sur ces « incitations financières illégales », mais des analyses récentes montrent que les pédiatres atteignent généralement le seuil de rentabilité, voire subissent des pertes, lors de l’administration de vaccins, en particulier pour les patients non assurés ou bénéficiant de Medicaid.
Enfin, des affirmations selon lesquelles le régime cétogène pourrait « guérir » la schizophrénie, relayées par le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., ont suscité une vague de discussions en ligne. Ces affirmations exagèrent des recherches préliminaires et sont contestées par les chercheurs concernés. L’Association américaine de psychiatrie a publié une note politique en 2025 décrivant cette approche comme controversée et insuffisamment étayée par des preuves solides.
Une étude récente publiée dans Natural Aging a également révélé que les personnes âgées sont plus susceptibles de consulter des informations de santé de mauvaise qualité en ligne, même si elles consultent moins de contenu sur la santé en général. Cette vulnérabilité souligne l’importance de développer des stratégies de communication en matière de santé publique adaptées à différents groupes d’âge.