La nutrition devient un pilier essentiel du traitement du cancer en Allemagne, avec l’introduction de nouvelles directives nationales qui rendent obligatoire le dépistage de la malnutrition et mettent en garde contre les régimes non prouvés. Cette approche novatrice vise à améliorer la qualité des soins et les chances de guérison des patients.
Publiées conjointement par la Société allemande de médecine nutritionnelle (DGEM) et la Société allemande du cancer (DKG), ces nouvelles directives S3 établissent la nutrition clinique comme une composante intégrale de la prise en charge oncologique. Un dépistage systématique de la malnutrition sera désormais exigé pour tous les patients atteints de cancer, car un mauvais état nutritionnel peut compromettre l’efficacité des traitements et augmenter les complications.
Les patients identifiés comme étant à risque bénéficieront immédiatement de conseils nutritionnels personnalisés. Cette initiative marque un passage d’une approche réactive à une approche préventive, soulignent les experts.
Les directives rejettent fermement les « régimes anticancéreux » populaires mais non validés scientifiquement, tels que le régime cétogène ou la cure Breuss. « Ces régimes stricts peuvent aggraver la malnutrition sans apporter de bénéfices prouvés », avertit le groupe d’experts. Aucune preuve suffisante n’a été trouvée pour recommander un régime végétalien ou végétarien spécifique dans le cadre du traitement du cancer, privilégiant plutôt une planification nutritionnelle individualisée supervisée par des professionnels.
L’importance d’une bonne nutrition est particulièrement cruciale avant les interventions chirurgicales. Les patients présentant une perte de poids significative devraient bénéficier d’une thérapie nutritionnelle ciblée, et la date de l’opération pourrait même être reportée si nécessaire. Un patient bien nourri a, en effet, de meilleures chances de guérison.
Ce changement de paradigme reconnaît la nutrition comme le quatrième pilier du traitement du cancer, aux côtés de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Des études, comme l’étude suisse EFFORT, démontrent qu’une thérapie nutritionnelle structurée peut réduire la mortalité et les complications chez les patients souffrant de malnutrition. L’objectif de ces nouvelles normes est d’améliorer la qualité des soins à tous les niveaux en Allemagne.