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ERS 2025 : Le MTX est une alternative aux stéroïdes dans la sarcoïdose pulmonaire

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Publié le 2025-11-07 14:26:00. Face aux défis thérapeutiques de la sarcoïdose pulmonaire, une nouvelle étude néerlandaise met en lumière le méthotrexate (MTX) comme une alternative prometteuse aux corticoïdes, offrant un profil d’effets secondaires potentiellement plus favorable.

  • La thérapie de la sarcoïdose pulmonaire vise à améliorer la qualité et l’espérance de vie.
  • Les corticoïdes, traitement de référence, entraînent des effets secondaires significatifs à long terme.
  • L’étude PREDMETH suggère que le MTX pourrait être une option à considérer dès le premier traitement.

Pour les patients atteints de sarcoïdose pulmonaire, l’objectif principal du traitement est de prolonger la vie tout en assurant la meilleure qualité de vie possible. Le professeur Dr. Marlies S. Wijsenbeek, du département des maladies pulmonaires interstitielles de l’hôpital universitaire Erasmus de Rotterdam, souligne que les directives actuelles de la European Respiratory Society (ERS) préconisent les glucocorticoïdes comme traitement systémique de première intention. Le méthotrexate (MTX) est généralement réservé en seconde intention. Cependant, le recours aux corticoïdes, même à faible dose sur le long terme, est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’infections graves, d’ostéoporose et d’hypertension artérielle, augmentant également la mortalité globale.

Un équilibre délicat entre bénéfices et risques

La prise de Prednisolone, même à des doses relativement faibles (2,5 à 7,5 mg/jour), comporte des risques non négligeables. La dose initiale recommandée pour la sarcoïdose pulmonaire (20 à 40 mg) engendre par ailleurs de nombreux effets indésirables. À l’heure actuelle, il manque des données comparatives précises sur le rapport entre la mortalité directement liée à la sarcoïdose pulmonaire et celle induite par les traitements stéroïdiens et leurs comorbidités. C’est dans ce contexte que l’étude PREDMETH, une comparaison directe entre MTX et stéroïdes, apporte un éclairage nouveau.

L’étude PREDMETH : une comparaison directe MTX contre stéroïdes

Menée aux Pays-Bas, cette étude a inclus 138 patients atteints de sarcoïdose pulmonaire n’ayant jamais reçu de traitement spécifique, et pour lesquels une indication thérapeutique était établie. Les participants ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit du prednisone (dose initiale de 40 mg/jour, réduite progressivement à 10 mg/jour entre la 16e et la 24e semaine), soit du MTX (dose initiale de 15 mg/semaine, atteignant une cible de 25 mg/semaine à partir de la 8e semaine), sur une période de 24 semaines. En cas d’échec thérapeutique ou d’intolérance, les patients avaient la possibilité de changer de traitement. Le critère d’évaluation principal était la modification de la capacité vitale forcée (CVF) entre le début de l’étude et la 24e semaine. La non-infériorité était établie si la différence entre les groupes prednisone et MTX restait inférieure à 5 %.

Le MTX, plus lent mais comparable après 24 semaines

Bien que l’amélioration de la CVF ait été plus rapide avec le prednisone, les résultats à la 24e semaine étaient comparables : une augmentation de 6,5 % pour le groupe prednisone et de 6,1 % pour le groupe MTX. Dans l’analyse ajustée, le MTX a démontré sa non-infériorité, avec une différence entre les groupes de -1,17 point de pourcentage (intervalle de confiance à 95 % : -4,27 à 1,93). Le professeur Wijsenbeek insiste sur l’importance des profils d’effets secondaires distincts dans la prise de décision clinique.

Des profils d’effets secondaires divergents

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sous prednisone étaient la prise de poids et l’insomnie (affectant plus de 40 % des patients chacun). Pour le MTX, les effets les plus courants étaient les nausées (37 %) et la fatigue (26 %). La prise de poids sous prednisone s’est poursuivie jusqu’à la 24e semaine (moyenne de 5,0 kg). Dans le groupe MTX, une gestion adéquate et le passage à une administration sous-cutanée ont permis de réduire significativement la fréquence des effets indésirables, les nausées tombant à 13 % et la fatigue à 15 % des patients traités.

Qualité de vie impactée par la sarcoïdose

La qualité de vie liée à la maladie, évaluée par le questionnaire King’s Sarcoidosis (KSQ), s’est améliorée dans les deux groupes. Cependant, avec le traitement MTX, cette tendance positive s’est maintenue dans le temps. À l’inverse, dans le groupe prednisone, l’état de santé auto-évalué selon le KSQ a montré une légère dégradation après une amélioration initiale significative dans les quatre premières semaines. Le score KSQ concernant les fonctions pulmonaires était significativement plus amélioré après 24 semaines dans le groupe MTX que dans le groupe prednisone. Cette tendance s’observait également pour les symptômes de toux (score MTX : 0,85 contre 0,44 pour le prednisone), une différence jugée cliniquement pertinente par le professeur Wijsenbeek.

Les données à domicile confirment les bénéfices à long terme

Une partie inédite de l’étude révèle que tous les participants ont pu enregistrer leurs mesures hebdomadaires de CVF, effectuées à l’aide d’un spiromètre portable connecté à une application en ligne, et évaluer leurs symptômes sur des échelles numériques. Ces données suggèrent des perspectives d’amélioration plus prononcées à long terme avec le MTX. Les mesures indiquent que la CVF a atteint un plateau après 53 jours dans le groupe prednisone, tandis que dans le groupe MTX, elle a continué de s’améliorer sans atteindre de plateau au cours des 24 semaines de l’étude.

Conclusion : le MTX, une option de première ligne à considérer

Au vu de ces résultats, le professeur Wijsenbeek recommande de considérer le MTX comme une option thérapeutique efficace et présentant un profil d’effets secondaires à long terme plus favorable pour les patients atteints de sarcoïdose pulmonaire non traités antérieurement. Elle suggère une adaptation des directives actuelles. La décision thérapeutique doit impérativement être prise en concertation avec le patient, en définissant clairement les objectifs (priorité à la sécurité ou à la qualité de vie). L’étude PREDMETH apporte des arguments solides pour favoriser une prise de décision partagée.

« Il faut éviter que les patients ne deviennent durablement dépendants aux stéroïdes ! Le MTX est une bonne alternative. »

Prof. Dr. Marlies S. Wijsenbeek

Si le recours aux stéroïdes est décidé, leur administration doit être limitée dans le temps, étroitement surveillée et ajustée si nécessaire. Le MTX apparaît donc comme une alternative précieuse pour optimiser la prise en charge des patients.

L’étude PREDMETH est enregistrée sur ClinicalTrials.gov sous le numéro NCT04314193 et a été financée par l’hôpital universitaire Erasmus.

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