Publié le 8 février 2026 14h50. Après de nouvelles négociations indirectes avec les États-Unis, l’Iran a durci sa rhétorique concernant son programme nucléaire, réaffirmant son droit à l’enrichissement de l’uranium et menaçant de représailles en cas d’attaque.
- L’Iran refuse de renoncer à l’enrichissement de l’uranium, même en cas de conflit.
- Les nouvelles sanctions américaines et la présence d’un porte-avions américain dans la région ont exacerbé les tensions.
- Le programme de missiles iranien ne sera pas négocié, selon Téhéran.
Les discussions indirectes entre l’Iran et les États-Unis, facilitées par Oman, avaient initialement été perçues comme positives. Cependant, l’atmosphère s’est rapidement détériorée suite à l’annonce de nouvelles sanctions américaines visant à freiner les exportations pétrolières iraniennes et au déploiement du porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique. Ces actions sont interprétées par Téhéran comme une menace implicite.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré lors d’un forum de politique étrangère à Téhéran que son pays avait payé un prix élevé pour son « programme nucléaire pacifique » et qu’il ne se laisserait pas dicter sa politique par des puissances extérieures. Il a souligné la détermination de l’Iran à poursuivre ses activités nucléaires, même face à la pression internationale.
« Nous sommes un peuple de diplomatie, nous sommes aussi un peuple de guerre »,
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Araghchi a également averti que l’Iran riposterait en cas d’attaque contre son territoire, menaçant de cibler des bases militaires américaines dans la région. Il a réaffirmé que le programme de missiles iranien, considéré comme un élément essentiel de la défense nationale, ne ferait pas l’objet de négociations.
Ces déclarations interviennent après des pourparlers indirects tenus vendredi à Mascate. Si les deux parties avaient initialement exprimé un certain optimisme – le président iranien Massoud Peseschkian qualifiant les négociations de « pas en avant » et le président américain Donald Trump les décrivant comme « très bonnes » et annonçant une nouvelle session la semaine prochaine – les doutes d’Araghchi quant à la sincérité des intentions américaines se sont intensifiés après l’imposition des nouvelles sanctions.
Les négociations de Mascate marquent les premiers contacts directs entre l’Iran et les États-Unis depuis l’intervention américaine en juin 2025 dans le conflit de douze jours entre Israël et l’Iran, au cours duquel plusieurs installations nucléaires iraniennes ont été bombardées.
Les pays occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran nie fermement. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran est le seul pays ne disposant pas d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à un niveau de 60 %. Les allégations concernant la fourniture d’armes à la Russie et le soutien à des milices régionales contribuent également à la détérioration des relations entre l’Iran et les pays occidentaux.