Publié le 2025-10-02 16:11:00. Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a pointé du doigt une « naïveté » persistante en Irlande face à la menace que représente la Russie pour l’Europe. Il a par ailleurs souligné l’absence de signe indiquant que Vladimir Poutine souhaite mettre fin à son offensive en Ukraine.
- L’Irlande pourrait sous-estimer la menace russe, contrairement aux pays baltes qui la jugent « existentielle ».
- Micheál Martin a plaidé pour que la Russie supporte le coût de la reconstruction de l’Ukraine.
- Des préoccupations juridiques émergent concernant la confiscation des avoirs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine.
Lors d’une intervention à Copenhague, alors qu’il se rendait à une réunion des dirigeants européens, Micheál Martin a fait part de ses préoccupations concernant la perception du risque russe en Irlande. Il a contrasté cette attitude avec celle des États membres de l’Union européenne (UE) les plus proches de la Russie, tels que les pays baltes, qui considèrent cette menace comme « existentielle ». Ces déclarations interviennent au lendemain d’un sommet des 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE consacré à la guerre en Ukraine et aux moyens de se prémunir contre le sabotage et l’ingérence soutenus par le Kremlin.
Le chef du gouvernement irlandais a fermement soutenu l’idée que la charge financière de la reconstruction de l’Ukraine après le conflit incombe à la Russie, et non à l’Europe. Il a qualifié de « territoire très nouveau » le projet visant à confisquer les avoirs russes gelés par les sanctions européennes afin de financer un prêt conséquent destiné à l’Ukraine. « Il doit y avoir une dissuasion face à l’escalade de la guerre, des guerres illégales », a-t-il insisté, rappelant que l’UE avait déjà financé la reconstruction de nombreuses régions dévastées par des conflits, un modèle qu’il juge non soutenable à l’avenir.
Selon les informations disponibles, ce prêt de 140 milliards d’euros, financé par les actifs russes gelés, ne serait remboursable que si la Russie acceptait d’indemniser Kiev pour les coûts de reconstruction de l’Ukraine. Cependant, des pays comme le Luxembourg et la Belgique, ainsi que la Banque centrale européenne, ont déjà exprimé des réserves quant à la légalité internationale d’une telle démarche.
Micheál Martin a réaffirmé que la Russie devait assumer les conséquences de son invasion de l’Ukraine, conflit qui a déclenché la plus grande guerre en Europe depuis 80 ans. « Il doit y avoir un coût financier pour cette escalade de la guerre, il doit y avoir des réparations… Personne ne souhaite se retrouver dans ces situations, mais la manière dont la guerre contre un pays comme l’Ukraine a d’énormes implications partout. Ce n’est pas une situation habituelle », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a dénoncé le comportement « téméraire » de Vladimir Poutine, qui serait à l’origine d’une série d’incursions et d’ingérences dans les États membres de l’UE. Il a cité l’exemple de plusieurs drones russes ayant survolé la Pologne ces dernières semaines, ainsi que des incidents suspects de drones ayant entraîné la fermeture d’aéroports au Danemark la semaine précédente, des événements attribués par beaucoup à la main de Moscou.
Micheál Martin a conclu en soulignant qu’il existait un « sentiment très sérieux » de la menace russe parmi les dirigeants européens réunis. « Il me semble qu’il y a un certain degré de naïveté en Irlande à ce sujet », a-t-il ajouté, citant les récentes incursions de drones et l’activité maritime suspecte autour des câbles sous-marins comme preuves de cette insouciance. Il a rappelé que les pays baltes, en particulier, ressentaient cette menace de manière « existentielle ».