Home Sciences et technologies Ils forent dans l’Antarctique et trouvent une « bulle » vieille de 6 millions d’années qui en dit long sur l’avenir qui nous attend.

Ils forent dans l’Antarctique et trouvent une « bulle » vieille de 6 millions d’années qui en dit long sur l’avenir qui nous attend.

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Publié le 30 octobre 2025. Une mission scientifique internationale en Antarctique de l’Est a réussi une percée historique en extrayant le plus ancien bloc de glace jamais découvert. Datant de six millions d’années, ce précieux échantillon renferme des bulles d’air microscopiques, véritables archives du climat passé, offrant un aperçu inédit des conditions atmosphériques terrestres à une époque révolue.

  • Extraction d’un bloc de glace de six millions d’années dans l’Est de l’Antarctique.
  • Les bulles d’air contenues dans la glace servent de « machines à remonter le temps climatiques ».
  • Les données visent à mieux comprendre le changement climatique passé pour anticiper l’avenir.

Une expédition scientifique de grande envergure, menée conjointement par le Centre d’exploration des glaces les plus anciennes (COLDEX) et la National Science Foundation (NSF), a marqué un jalon exceptionnel dans la recherche climatique. Les chercheurs sont parvenus à extraire un bloc de glace d’un âge estimé à six millions d’années dans les collines Allan, à l’Est de l’Antarctique. Cette découverte, publiée dans la revue PNAS, dépasse largement les attentes initiales, qui anticipaient des échantillons d’un maximum de trois millions d’années.

Ce qui rend ces échantillons si précieux sont les millions de bulles d’air microscopiques qu’ils renferment. Ces bulles, qualifiées par les scientifiques de « machines à remonter le temps climatiques », sont des capsules temporelles figées de l’atmosphère terrestre ancienne. Elles permettent aux chercheurs d’étudier les conditions atmosphériques d’une période où la Terre était nettement plus chaude qu’aujourd’hui, avec des niveaux des océans significativement plus élevés. Ces informations sont cruciales pour comprendre les dynamiques climatiques passées et potentiellement éclairer l’avenir face au changement climatique actuel.

Un forage historique mais modeste

Pour collecter ces échantillons, l’équipe a utilisé des techniques de forage innovantes dans les collines Allan, atteignant une profondeur de 200 mètres. Bien que ce chiffre puisse sembler conséquent, il est relativement faible comparé aux profondeurs parfois nécessaires à l’intérieur du continent. Là-bas, la topographie montagneuse et le mouvement lent des glaciers poussent les couches de glace plus anciennes vers le bas, nécessitant des forages pouvant atteindre 2 000 mètres.

« Nous avions des indices suggérant que la glace de cette région était très ancienne. Cependant, l’échantillon a largement dépassé toutes nos attentes », a commenté Ed Brook, directeur de COLDEX et professeur à l’Oregon State University, dans un communiqué de presse. Ce résultat est une première mondiale, ouvrant une fenêtre sans précédent sur une Terre plus chaude.

Ce que révèlent les bulles d’air

L’analyse des bulles d’air piégées dans la glace a permis de dater précisément les échantillons grâce à un isotope spécifique de l’argon. Combinée à l’étude des isotopes de l’oxygène présents dans la glace elle-même, cette datation a révélé que l’Antarctique a connu un refroidissement progressif d’environ 12°C au cours des six derniers millions d’années.

Échantillon de glace de l'Antarctique avec des bulles d'air.
COLDEX

L’objectif des chercheurs est désormais d’exploiter ces données pour reconstruire les niveaux historiques de gaz à effet de serre et comprendre la dynamique de la chaleur océanique. Ces travaux sont essentiels pour affiner les modèles climatiques et anticiper avec plus de précision l’évolution du climat de notre planète.

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