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Kanata Ire relève le défi de « Trois Royaumes », une œuvre choc qui explore les ténèbres de la société moderne – Theatre media Audience

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Kanata Ire incarne Ignatius, un détective britannique aux prises avec une affaire de meurtre déroutante dans « Trois Royaumes », une pièce du dramaturge britannique Simon Stevens mise en scène par Satoshi Uemura. L’œuvre, présentée au Nouveau Théâtre National, promet de bousculer le spectateur, comme en témoigne l’acteur lors d’un entretien.

« Ce qui m’a d’abord séduit, c’est le mélange de mystère, de suspense et d’absurdité, des éléments que j’affectionne particulièrement », confie Kanata Ire. Il admet que la découverte du texte n’a pas été immédiate : « Certaines parties étaient ardues, notamment la répétition incessante de mots et des personnages secondaires énigmatiques. Mais peu à peu, le contexte s’est éclairci et j’ai fini par dévorer le scénario d’une traite. » Une immersion qui l’a mené à comprendre l’attrait de cette pièce, malgré les avis partagés rencontrés lors de ses recherches sur les représentations à l’étranger.

« Trois Royaumes » aborde la criminalité en Europe et explore les zones d’ombre de la société contemporaine, un thème qui a suscité des réactions diverses outre-Manche. « En lisant le scénario, j’ai ressenti que ces problématiques sont universelles et qu’elles nous concernent tous », explique Kanata Ire. Il note une différence culturelle dans la façon d’aborder ces sujets : « En Allemagne et ailleurs, il est courant de monter des pièces traitant de problèmes sociaux. Au Japon, le lien entre mouvements sociaux et théâtre, autrefois fort, s’est estompé. Il est devenu plus complexe d’aborder des œuvres aussi audacieuses. » De ce fait, il salue le choix du Nouveau Théâtre National et de Satoshi Uemura : « Je trouve leur démarche très courageuse. »

La pièce se déploie entre l’Angleterre, l’Allemagne et l’Estonie, jouant avec le mélange des langues. Une scène clé voit Ignatius traduire pour un collègue britannique. « J’ai appris que lors de la production britannique, les acteurs venaient de trois pays différents et que les langues étaient entremêlées grâce aux sous-titres », raconte Kanata Ire. Il reconnaît la difficulté d’une telle approche au Japon : « Je ne pense pas qu’une telle production soit réalisable ici. Cependant, les Japonais ont une grande expérience du théâtre traduit, ce qui leur permet de créer une atmosphère immersive même sans les subtilités visuelles ou auditives. » Il place une grande confiance dans la mise en scène de Satoshi Uemura, citant sa précédente collaboration sur « Tout le monde devient un oiseau » : « J’avais été impressionné par sa capacité à faire ressortir l’essence de chaque personnage, à insuffler une dimension intérieure à chaque acteur. J’espère qu’il pourra recréer cette magie avec Ignatius dans ‘Trois Royaumes’. »

Le personnage d’Ignatius, détective à la perfection apparente, voit son masque se fissurer au fil de l’intrigue.

« À première vue, Ignatius est l’incarnation de la perfection : un détective irréprochable, cultivé et compétent. Il est volontairement dépeint comme sans défaut », analyse Kanata Ire. « Mais à mesure qu’il mène son enquête à travers les pays, son masque commence à se décoller. Il semble être entraîné dans un bourbier sans s’en rendre compte. La perception que le spectateur aura de ses actions dépendra de son intentionnalité ou non. C’est un aspect que j’aimerais approfondir avec Monsieur Uemura. »

L’acteur voit dans ce personnage, tiraillé entre la justice et une forme de folie, des échos de rôles précédents. « J’ai tendance à jouer des personnages qui portent l’intrigue, et même quand ils sont ambigus, je cherche toujours à y trouver une forme de justice », explique-t-il. « Sans cette assise morale, un personnage manque de profondeur. À l’inverse, si je devais interpréter Jean Valjean, je chercherais sa part d’ombre. La protection de Cosette, la transmission à la génération suivante, tout cela peut être vu comme une justification pour atteindre le paradis. Les conditions de vie rendaient la survie impossible sans cela. Comprendre ces motivations facilite le jeu. »

Pour Ignatius, « c’est un homme au cœur pur, doté d’un sens aigu de la justice, mais qui se retrouve peu à peu englouti par les ténèbres. Du point de vue du spectateur, cela peut se traduire par un sentiment de trahison : ‘Quelle horreur ! C’est le type que je déteste le plus ! Je me suis fait avoir !’ » s’exclame-t-il en riant. « C’est précisément ce qui m’intéresse en tant qu’acteur et c’est sur quoi je compte travailler, y compris dans mon approche physique. »

Cette production marque le retour de Kanata Ire au Nouveau Théâtre National depuis « Aware Kanojo wa Prostitute » en 2016. « Je ressens toujours une certaine nervosité sur la scène du Nouveau Théâtre National. Les réactions du public me rappellent à quel point c’est un lieu exceptionnel », confie-t-il. « J’ai eu l’occasion de filmer à l’intérieur aujourd’hui et j’ai été frappé par la magnificence du bâtiment. Je pense que se rendre au Nouveau Théâtre National est une expérience en soi pour le spectateur. »

Kanata Ire, habitué aux comédies musicales, souligne la différence fondamentale avec le théâtre pur.

« Mon approche change, effectivement. Dans une comédie musicale, le dialogue passe par la musique, mais au théâtre, le rythme et l’émotion d’une conversation évoluent d’un jour à l’autre, dépendant de l’interaction avec l’autre acteur. Les comédies musicales bénéficient du soutien de la musique, qui peut parfois masquer un manque de profondeur si l’acteur se repose trop sur elle. » C’est pourquoi il aspire à une approche plus dépouillée : « J’ai toujours cherché à transmettre le maximum d’émotion dans les comédies musicales, mais j’ai le sentiment que la musique peut masquer certaines choses. C’est pourquoi j’ai souhaité me confronter à une pièce plus exigeante. » Il trouve une fascination dans la création musicale à partir du souffle : « C’est comme composer, chaque note naît de la respiration. »

Le journaliste témoigne de la « chaleur humaine » dégagée par ses rôles précédents, une observation qui réjouit l’acteur : « Je suis heureux que certains spectateurs soient si attentifs. » Il aborde la question de l’interprétation et de la perception : « Dans les comédies musicales, lorsque deux acteurs interprètent le même rôle, il est naturel qu’ils soient différents, en raison de leurs parcours et de leurs approches. Je souhaite que le public apprécie ces différences, non pas comme une question de supériorité, mais plutôt de forces et de faiblesses propres à chacun. » Il espère que les spectateurs souligneront ce qui manque dans son interprétation : « C’est une forme de connexion, et même les critiques constructives me poussent à aller plus loin. Je suis convaincu que le spectateur est la dernière pièce du puzzle et que nous créons l’œuvre ensemble. J’apprécie sincèrement les commentaires qui témoignent d’une observation approfondie. »

Kanata Ire, qui a mené son chœur à la victoire dans l’émission télévisée « All Star Choral Battle », réaffirme sa vision de la musique dans les comédies musicales : « la musique raconte une histoire ». Face à ce projet qu’il qualifie d’exigeant, il partage ses réflexions : « Même si nous interprétons la même musique, les genres et les ressorts émotionnels varient d’une équipe à l’autre. C’est la richesse de la musique. On peut avoir la technique la plus aboutie, mais la passion peut parfois primer. Inversement, s’appuyer uniquement sur la passion n’est pas suffisant. »

« Notre approche consiste à nous surpasser à chaque fois, avec la conviction que la technique peut résoudre certains obstacles », poursuit-il. Son parcours, débuté avec le groupe rock The Blue Hearts, l’a naturellement attiré vers la danse, une discipline différente de la musique. « La première fois que j’ai vu un ballet, ‘Utakata no Koi’, j’ai été bouleversé par la narration à travers la danse et par la puissance expressive des mouvements. » Il transpose cette idée aux comédies musicales : « Pour moi, une comédie musicale ne réussit pas seulement par la qualité des chansons. Il faut une manière de chanter qui transmette l’histoire, les mots et les émotions. C’est un message que je souhaite partager avec le plus grand nombre. »

Il reconnaît la difficulté de la pratique : « C’est un travail ardu et épuisant. Après la quatrième édition, nous avons commencé à trouver notre rythme, à moins nous sentir frais. Mais pour gagner, il faut toujours innover, c’est un combat constant. » La quatrième saison de « All Star Choral Battle » cet hiver s’annonce comme une nouvelle étape : « Nous avons réussi à créer une forme de comédie musicale télévisée qui transmet fidèlement l’essence des spectacles, et j’espère que le public l’attendra avec impatience. »

Concernant la pièce « Trois Royaumes », dont les places S sont proposées à 8 800 yens, A à 6 600 yens et B à 3 300 yens, Kanata Ire a lancé un appel sur les réseaux sociaux : « Vous pouvez voir une comédie musicale deux fois pour le prix d’une représentation ! » Il explique : « Je souhaite que les spectateurs habitués aux comédies musicales découvrent le plaisir du théâtre. »

Il anticipe les réactions : « Cette œuvre, avec son mystère et son suspense, va probablement choquer une première fois par le regard qu’Ignatius porte sur l’affaire. Lors d’une deuxième vision, ils pourront percevoir les prémices de la désintégration d’Ignatius et y trouver des indices précurseurs. » Il cite une réplique récurrente dans la pièce : « J’ai le même âge que Caroline. » « Qu’est-ce que cette phrase révèle ? Qu’est-ce qui se reflète dans les yeux d’Ignatius ? Je pense que ce n’est qu’après une deuxième écoute que ces éléments se dévoileront pleinement. C’est pourquoi je souhaite encourager une seconde vision. »

Il conclut en soulignant la valeur de la perception individuelle : « Ce qui est fascinant dans le divertissement, c’est la diversité des interprétations. Je souhaite que les spectateurs partagent leurs impressions après la pièce et continuent d’y réfléchir. »

« Trois Royaumes » sera à l’affiche du Théâtre Milieu du Nouveau Théâtre National du mardi 2 décembre au dimanche 14 décembre 2025. Plus d’informations sur le site officiel.

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