Une étude novatrice menée par des chercheurs du Mont Sinaï révèle qu’une bonne condition physique, mesurée par la capacité à effectuer un effort sur tapis roulant lors d’un test d’effort cardiaque, est un indicateur puissant de longévité. Ce facteur de forme surpasserait même les marqueurs de maladie cardiaque connus pour prédire le risque de mortalité.
Les conclusions de cette recherche, publiées le 19 février dans les Actes de la clinique Mayo, mettent en lumière l’impact salvateur de la forme physique et appellent les médecins à partager activement ces découvertes avec leurs patients. L’étude souligne l’importance capitale de l’évaluation de la capacité d’exercice lors des tests cardiaques.
« Nos données démontrent que la capacité d’une personne à réaliser un effort physique pendant un test d’effort cardiaque distingue de manière plus nette les patients à haut et bas risque que tout autre facteur clinique évalué », explique le Dr Alan Rozanski, professeur de médecine (cardiologie) à l’École de médecine Icahn du Mont Sinaï et auteur principal de l’étude. « Nos résultats valorisent l’importance d’évaluer la capacité d’exercice des patients et de promouvoir l’activité physique, ou de corriger les limitations d’exercice chez ceux qui en souffrent. »
Cette recherche offre l’analyse la plus complète à ce jour de l’influence synergique des facteurs de risque établis, tels que l’hypertension, le diabète, le tabagisme et les comorbidités cardiaques (comme les maladies vasculaires périphériques), sur le risque de mortalité chez les patients subissant des tests d’effort cardiaque. L’équipe a suivi près de sept ans 15 562 patients ayant bénéficié d’une imagerie par SPECT de perfusion myocardique. Ce test évalue le flux sanguin vers le cœur au repos et lors d’un effort pour détecter les zones de flux réduit.
Les patients ont été divisés en deux groupes : ceux capables d’effectuer un exercice sur tapis roulant et ceux qui ne pouvaient pas. Ces derniers ont eu recours à une dilatation des artères coronaires induite par des médicaments pour identifier d’éventuels blocages. Les chercheurs ont constaté que parmi les participants ayant réalisé l’exercice sur tapis roulant, le taux de mortalité annuel restait inférieur à 1 %, indépendamment de leurs facteurs de risque et comorbidités liés à la maladie coronarienne.
À l’inverse, le taux de mortalité annuel était significativement plus élevé chez les participants testés pharmacologiquement. Ce taux augmentait de manière synergique avec la charge plus importante de facteurs de risque coronarien et de comorbidités.
« Bien que ces résultats n’établissent pas définitivement de lien de causalité en raison de la nature observationnelle de nos données, l’ampleur des découvertes suggère fortement un rôle hautement protecteur de la condition physique », précise le Dr Rozanski, reconnu pour ses recherches pionnières liant cardiologie préventive, physiologie de la santé et médecine comportementale.
L’étude met également en évidence la nécessité d’une communication plus claire des résultats des tests d’effort cardiaque, afin de fournir des informations complètes sur la capacité d’exercice d’un patient au moment du test. Lorsqu’une incapacité à l’effort est constatée, l’étude recommande aux médecins d’évaluer minutieusement les raisons sous-jacentes, car elles peuvent révéler des informations précieuses sur le risque global d’événements indésirables et guider des interventions appropriées.
« Ces informations devraient inciter les médecins à engager des conversations plus significatives avec leurs patients sur l’importance de rester actif », insiste le Dr Rozanski. « Des directives plus récentes montrent que même de faibles quantités d’activité physique peuvent améliorer la santé, et que de courtes périodes d’activité réparties tout au long de la journée peuvent apporter des bénéfices cardiovasculaires significatifs. C’est un message essentiel que les médecins doivent faire passer à leurs patients. »