Publié le 24 février 2026 à 14h58. Des marqueurs biologiques spécifiques pourraient permettre de distinguer plus précocement la dépression de la psychose chez les jeunes adultes, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.
Des chercheurs ont identifié des différences significatives dans les signatures inflammatoires et cérébrales entre les patients souffrant de dépression et de psychose au stade précoce de ces maladies. Cette découverte, publiée dans la revue JAMA Psychiatry, pourrait améliorer le diagnostic et le traitement de ces troubles mentaux.
L’étude internationale, menée par une équipe dirigée par le Dr David Popovic de l’Institut Max Planck de psychiatrie de Munich, le Dr Lana Kambeitz-Ilankovic du Centre médical universitaire de Cologne et le professeur Dr Rachel Upthegrove de l’Université d’Oxford, a analysé des données provenant de 678 participants issus de l’étude PRONIA (Personalized Prognostic Tools for Early Psychosis Management). Ce projet, financé par l’Union européenne à hauteur de six millions d’euros entre 2014 et 2019, visait à développer des outils de prédiction plus précis pour la gestion précoce de la psychose. En savoir plus sur le projet PRONIA.
Les chercheurs ont examiné les niveaux de cytokines – des protéines impliquées dans la réponse immunitaire et l’inflammation – dans le sang des participants, ainsi que le volume de matière grise dans différentes régions du cerveau à l’aide d’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ils se sont concentrés sur les régions limbiques, impliquées dans le traitement des émotions.
Les résultats ont révélé que les patients aux premiers stades de la dépression et de la psychose présentaient des profils inflammatoires et cérébraux distincts. De manière surprenante, aucune similitude n’a été observée entre les signatures de ces deux maladies, ni au niveau du cerveau, ni au niveau des marqueurs inflammatoires. De plus, des altérations cognitives n’ont été détectées que chez les patients présentant des signes de psychose, et non chez ceux souffrant de dépression.
« Ces signatures ouvrent de nouvelles approches pour des interventions précoces à la fois biologiques et psychosociales dans la dépression et la psychose. Cela ouvre la voie à des thérapies adaptées selon que le jeune se trouve sur une courbe de développement de dépression ou de psychose. »
David Popovic, auteur principal de l’étude
Lana Kambeitz-Ilankovic souligne que ces résultats ne doivent pas remplacer le diagnostic clinique traditionnel, qui prend en compte les symptômes et le contexte psychosocial du patient. Cependant, elle estime que l’identification de ces biomarqueurs pourrait aider les praticiens à différencier plus efficacement la dépression de la psychose à un stade précoce, permettant ainsi une prise en charge plus personnalisée et réduisant le risque de chronicité.
« Nos résultats ne visent pas à remplacer le diagnostic clinique établi basé sur les symptômes et le traitement, qui tient également compte de la situation psychosociale des patients. Cependant, nos résultats sur les biomarqueurs respectifs pourraient permettre aux praticiens de mieux différencier les deux maladies à un stade très précoce. »
Lana Kambeitz-Ilankovic
L’équipe de recherche prévoit de poursuivre ses travaux en utilisant l’imagerie du tenseur de diffusion (DTI) pour étudier plus en détail l’inflammation dans le cerveau et évaluer la stabilité de ces signatures au fil du temps.
Contact :
PD Dr Lana Kambeitz-Ilankovic
Gestion psychologique du Centre de détection précoce et de thérapie des crises psychologiques (FETZ), Hôpital universitaire de Cologne
lana.kambeitz-ilankovic@uk-koeln.de
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