Publié le 16 février 2026 à 06h30. Alors que le printemps pointe le bout de son nez, un nutritionniste met en garde contre l’obsession du poids et invite à une approche plus holistique du bien-être, axée sur la santé et les comportements plutôt que sur les chiffres affichés par la balance.
- Oubliez l’obsession du poids : la véritable mesure du succès réside dans l’amélioration de la santé globale.
- Changez vos habitudes, pas votre alimentation : privilégiez des ajustements progressifs plutôt que des restrictions drastiques.
- Le changement mental est primordial : l’estime de soi et la relation à la nourriture sont des facteurs clés pour une transformation durable.
Avec le retour des beaux jours, la pression pour retrouver la « meilleure version de soi-même » refait surface. Face à cette tendance aux régimes express et à la quête effrénée de la minceur, le nutritionniste Pablo Ojeda propose une approche radicalement différente. Son message est clair : « La dernière chose qui devrait vous obséder est le poids. »
Loin des solutions miracles, Ojeda insiste sur le fait que le bien-être ne se mesure pas en kilogrammes. Il ne s’agit pas d’ignorer la santé, mais de changer de perspective. Lorsqu’une personne souhaite améliorer sa condition physique, elle devrait d’abord se concentrer sur des indicateurs concrets : une meilleure capacité respiratoire, plus d’énergie au quotidien, un sommeil plus réparateur. Ces signaux, bien plus significatifs que le chiffre affiché sur la balance, témoignent d’une véritable transformation.
« Quand on veut perdre du poids, la dernière chose à laquelle il faut penser et dont il faut être obsédé, c’est le poids. »
Pablo Ojeda, nutritionniste
Selon le spécialiste, la perte de poids est une conséquence, non un objectif en soi. Lorsque le corps fonctionne mieux, que l’inflammation diminue, que le repos est régulé et que l’activité physique est intégrée à la routine, il réagit naturellement. Mais focaliser uniquement sur le poids peut engendrer frustration, anxiété et, finalement, un abandon prématuré. La santé est le processus, le poids n’est que le résultat.
Ojeda déconstruit également un autre mythe tenace : celui de la nécessité de changer radicalement son alimentation. « Vous n’êtes pas obligé de changer les aliments, vous devez changer les comportements à leur égard », explique-t-il. L’erreur la plus fréquente est d’éliminer d’un coup tous les aliments considérés comme « mauvais » et d’introduire immédiatement ceux jugés « bons ». « Nous sommes obsédés par l’idée de supprimer tout ce qui est mauvais d’un coup et d’introduire tout ce qui est bon d’un coup, et c’est impossible », souligne-t-il.
Un changement durable est avant tout comportemental. Il s’agit d’adopter progressivement de nouvelles habitudes : réduire les excès, organiser les repas, limiter le grignotage émotionnel, être à l’écoute des signaux de faim et de satiété. Introduire progressivement des aliments frais et moins transformés, sans interdictions strictes qui ne font qu’attiser le désir. « S’il n’y a pas de changement de comportement, on se trompe », résume le nutritionniste.

Cette approche s’inscrit dans une tendance de plus en plus validée par la science : l’importance du contexte et de l’environnement dans nos choix alimentaires. Il ne suffit pas de savoir ce qui est sain, il faut créer les conditions pour que ce choix devienne possible et durable. La planification, l’organisation et les petites améliorations constantes sont plus efficaces que toute liste rigide d’aliments autorisés ou interdits.
Une étude publiée dans le Journal de l’Académie de Nutrition et Diététique a analysé, dans le cadre d’un essai contrôlé, comment la modification des habitudes alimentaires, plutôt qu’une simple restriction calorique, influence la variation de poids à court et à long terme chez les femmes en surpoids. Les résultats ont montré que des changements de comportement spécifiques, tels que la réduction de la consommation de desserts et de boissons sucrées et l’augmentation de la consommation de fruits et légumes, étaient associés à une perte de poids significative après six mois et 48 mois de suivi. Cela démontre que modifier ses habitudes alimentaires, et non se contenter de compter les calories, peut avoir des effets réels et durables sur le poids.
Enfin, Ojeda souligne l’importance du changement mental. « Sans changement mental, il n’y a pas de changement physique », affirme-t-il. Selon son expérience clinique, les progrès les plus significatifs en matière de perte de poids surviennent souvent lorsqu’une transformation psychologique précède les changements nutritionnels. « En clinique, j’ai constaté à l’infini que l’on perd plus de poids grâce à des changements psychologiques qu’à des changements nutritionnels », explique-t-il. Travailler sur l’estime de soi, la gestion du stress et la relation émotionnelle à la nourriture peut faire toute la différence.
Perdre du poids n’est pas seulement une question de calories, c’est aussi une question de croyances, de dialogue interne et d’attentes. Si l’objectif est basé sur le rejet de son propre corps ou sur une pression extérieure, le processus est généralement vécu comme une punition. Au contraire, lorsque la motivation est le soin de soi et le désir d’améliorer sa qualité de vie, l’adhésion est plus forte et les résultats sont durables.
À l’aube d’un nouvel été, le message d’Ojeda nous invite à repenser nos priorités. Il ne s’agit pas de courir après un chiffre précis, mais de développer des habitudes qui favorisent une meilleure version de soi sur le long terme. Respirez mieux, bougez plus facilement, sentez-vous plus énergique et plus confiant. Le poids cessera alors d’être une obsession et deviendra simplement une conséquence naturelle du changement.