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La Jornada – Ce que notre respiration peut révéler sur notre santé intestinale

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Publié le 12 février 2024 01:22:00. Une nouvelle approche diagnostique, basée sur l’analyse de l’haleine, pourrait permettre de détecter des maladies respiratoires comme l’asthme chez les enfants, grâce à l’étude de leur microbiote intestinal.

  • L’empreinte microbienne de chaque individu évolue avec ses interactions sociales, notamment chez les jeunes enfants en collectivité.
  • L’analyse des composés organiques volatils présents dans l’haleine et les selles permet d’identifier des marqueurs de certaines pathologies.
  • Une étude a mis en évidence un lien entre la présence de la bactérie Eubacterium siraeum et le développement de l’asthme infantile.

Notre identité, qu’elle soit biologique ou sociale, est en constante évolution. Comme les personnages de la série La Chronique des Bridgerton, qui se transforment au fil des épisodes, notre propre composition interne est loin d’être figée. Cette dynamique s’applique également à notre microbiote intestinal, cet ensemble de micro-organismes qui vit en nous et influence notre santé.

Des recherches récentes menées par l’Université de Trente ont démontré que les bébés en crèche partagent entre 15 % et 20 % de leur population intestinale après seulement un mois de cohabitation, un pourcentage qui peut atteindre 12 % à 30 % avec leur famille, en plus de leur propre flore intestinale unique. Cette proximité crée une sorte d’empreinte microbienne spécifique à chaque étape de la vie, façonnée par les personnes avec lesquelles nous interagissons.

Mais comment identifier cette empreinte ? Selon l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, la réponse pourrait se trouver dans notre souffle. Lors de la digestion, certains aliments ne sont pas complètement traités et libèrent des composés organiques volatils (COV) qui sont ensuite expulsés par la respiration. Une autre partie de ces composés pénètre dans le tractus intestinal et est progressivement décomposée.

En comparant les molécules présentes dans l’haleine et celles retrouvées dans les selles, il est possible de détecter des composés liés à des problèmes de santé. Une étude conjointe de l’Université de médecine de Washington à Saint-Louis et de l’hôpital de Philadelphie a ainsi mesuré les niveaux de molécules dans l’haleine de 41 enfants. Les chercheurs ont notamment détecté la présence de Eubacterium siraeum chez certains d’entre eux.

Cette bactérie, peut-on lire dans les résultats de l’étude, est associée à l’asthme. Elle apparaît dans la flore intestinale des enfants qui développeront la maladie et tend à aggraver son intensité une fois qu’elle est déclarée. L’identification précoce de cette bactérie pourrait donc ouvrir la voie à des mesures préventives.

« L’un des principaux obstacles à l’intégration de nos connaissances sur le microbiome dans les soins cliniques est le temps nécessaire pour analyser les données sur le microbiome »

Hernández-Leyva, co-auteur de la recherche

Malgré le potentiel prometteur de cette approche, les chercheurs soulignent les défis liés à l’analyse du microbiome. Selon Hernández-Leyva, co-auteur de la recherche, « l’un des principaux obstacles à l’intégration de nos connaissances sur le microbiome dans les soins cliniques est le temps nécessaire pour analyser les données sur le microbiome », car les bactéries produisent plus de 250 molécules au cours de leur vie.

Néanmoins, la détection des maladies par l’analyse de l’haleine pourrait révolutionner le diagnostic non invasif, en particulier pour les patients vulnérables tels que les personnes immunodéprimées, les bébés et les personnes âgées. Une fois une altération détectée, il serait possible d’ajuster l’alimentation ou les traitements médicamenteux afin de prévenir l’apparition de la maladie.

L’avenir pourrait bien nous réserver des dispositifs capables d’analyser notre souffle à la recherche de signes de maladie, un peu comme un alcootest, mais pour la santé.

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