La situation des médicaments psychotropes en France connaît une stabilisation progressive, mais des tensions persistent pour certains traitements essentiels, notamment la quétiapine et le lithium. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait le point sur ces difficultés d’approvisionnement qui affectent la psychiatrie depuis la fin de 2024.
Concernant la quétiapine, un médicament fréquemment prescrit contre la schizophrénie, l’ANSM signale une amélioration des stocks pour les dosages de 50 mg et 300 mg. Cependant, « la situation reste en tension » pour le dosage de 400 mg, en raison de retards de production accumulés ces derniers mois. L’agence prévoit une amélioration de la couverture des besoins d’ici la fin février, compte tenu des délais de distribution des médicaments (3 à 4 semaines).
La situation du téralithe – les sels de lithium utilisés pour traiter la bipolarité – reste particulièrement « fragile ». L’ANSM pointe du doigt la situation de monopole pharmaceutique et l’absence de reconstitution des stocks. Si le dosage de 400 mg affiche une certaine stabilisation, « de fortes tensions persistent » pour le dosage de 250 mg. À la demande de l’ANSM, le laboratoire concerné étudie de nouvelles solutions d’importation.
En revanche, la situation s’est normalisée pour la chlorpromazine orale (Largactil), un médicament utilisé principalement dans le traitement des troubles psychotiques.
Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés d’approvisionnement. L’ANSM évoque notamment la délocalisation de la production des principes actifs et un système de fixation des prix parfois jugé peu attractif par l’industrie pharmaceutique. Ces pénuries, survenant alors que la santé mentale est au cœur des préoccupations nationales en 2026, représentent un défi majeur pour les patients, car toute modification brutale de traitement peut avoir des conséquences graves.
« Néanmoins, de manière générale, la situation se stabilise suite aux améliorations des derniers mois », a résumé l’ANSM, qui assure un suivi régulier de l’évolution de ces pénuries.