Home Divertissement La « Petite Amélie » de France remporte le grand prix à Bucheon, le débat sur l’IA occupe le devant de la scène

La « Petite Amélie » de France remporte le grand prix à Bucheon, le débat sur l’IA occupe le devant de la scène

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Publié le 2025-10-27 07:05:00. Le Festival international d’animation de Bucheon (BIAF), une étape clé pour la course aux Oscars, a récompensé le film français « Petite Amélie » de Mailys Vallade et Liane-Cho Han, tandis que les lauréats des courts métrages seront annoncés mardi.

  • Le Grand Prix du festival a été attribué à « Petite Amélie », un film d’animation français présenté en avant-première à Cannes.
  • « Zombie Land Saga: Yumeginga Paradise » (Japon) a reçu le prix du public, et « Dandelion’s Odyssey » (France/Belgique) le prix du jury.
  • Le BIAF est le seul festival d’animation asiatique dont les gagnants des courts métrages sont directement qualifiés pour les Oscars.

Le 27e Festival international d’animation de Bucheon (BIAF) a dévoilé ses lauréats pour la compétition des longs métrages dimanche, au terme de cinq jours de projections. Le film français « Petite Amélie », réalisé par Mailys Vallade et Liane-Cho Han, a remporté le Grand Prix. Cette œuvre, qui avait été présentée en mai dernier au Festival de Cannes, a conquis le jury parmi dix autres longs métrages internationaux. Décrit comme un portrait à l’aquarelle explorant l’empathie et le développement de l’enfance, « Petite Amélie » a séduit par sa sensibilité.

Outre la distinction principale, le public a plébiscité le film japonais « Zombie Land Saga: Yumeginga Paradise » en lui décernant le prix du public. De son côté, la coproduction franco-belge « Dandelion’s Odyssey », qui combine 260 jours de time-lapse et d’animation 3D, a été récompensée par le prix du jury. Le film sud-coréen « Pilgrims », adapté d’un roman de Kim Cho-yeop et interprété par Park Ji-hu et Kim Hyang-gi, s’est vu décerner le prix de la technologie, soulignant l’innovation technique au cœur de l’événement.

"Petite Amélie" (Festival international d'animation de Bucheon)
« Petite Amélie » (Festival International d’Animation de Bucheon)

La cérémonie de clôture, prévue pour mardi, sera l’occasion d’annoncer les gagnants des catégories courts métrages, diplômes, télévision et commandes. L’enjeu est de taille pour les courts métrages, puisque le vainqueur du Grand Prix du BIAF se voit automatiquement qualifié pour les Oscars. Cette spécificité fait du festival asiatique une plateforme unique pour les jeunes talents de l’animation visant la prestigieuse récompense américaine.

Hommages à Ron Dyens et Jang Dong-ryul pour lancer le festival

L’édition 2025 du BIAF s’est ouverte vendredi au Musée coréen du Manhwa, marquant le début de l’événement par deux hommages significatifs. Le producteur Ron Dyens a été honoré pour son travail sur « Flow », un film d’animation letton sans dialogue sur la survie d’animaux face à une mystérieuse inondation. Ce film a marqué les esprits en remportant cette année l’Oscar et le Golden Globe du meilleur long métrage d’animation.

Ron Dyens, producteur de "Couler," accepte le prix d'honneur lors de la cérémonie d'ouverture du 27e Festival international d'animation de Bucheon au Musée coréen Manhwa à Bucheon, dans la province de Gyeonggi, vendredi. (Festival international d'animation de Bucheon)
Ron Dyens, producteur de « Flow », accepte le prix d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du 27e Festival international d’animation de Bucheon au Musée coréen Manhwa à Bucheon, dans la province de Gyeonggi, vendredi. (Festival international d’animation de Bucheon)

Le regretté professeur Jang Dong-ryul, de l’Université Hanseo, a également été salué à titre posthume. Reconnu pour sa contribution en tant que premier membre organisateur, il a joué un rôle essentiel dans la transformation d’un festival initialement estudiantin en un événement d’envergure internationale. L’ouverture du festival a été marquée par la projection de « ChaO » de Yasuhiro Aoki, lauréat du Festival international du film d’animation d’Annecy. Cette production monumentale, qui a nécessité neuf ans de travail et plus de 100 000 cadres dessinés à la main, a captivé le public présent.

"ChaO" (Festival international d'animation de Bucheon)
« ChaO » (Festival international d’animation de Bucheon)

L’intelligence artificielle, un enjeu majeur pour l’animation coréenne

Hong Jun-pyo (à gauche) et Yeon Sang-ho lors d'une séance de discussion au Centre de convergence Webtoon à Bucheon, province de Gyeonggi, dimanche (Moon Ki-hoon/The Korea Herald)
Hong Jun-pyo (à gauche) et Yeon Sang-ho lors d’une séance de discussion au Centre de convergence Webtoon à Bucheon, province de Gyeonggi, dimanche (Moon Ki-hoon/The Korea Herald)

La place de l’intelligence artificielle dans l’industrie de l’animation a été au cœur d’un débat animé dimanche après-midi. Les réalisateurs sud-coréens Yeon Sang-ho (« Train to Busan ») et Hong Jun-pyo (« Chun Tae-il: A Flame That Lives On ») ont partagé leurs perspectives au Webtoon Convergence Center de Bucheon.

Yeon Sang-ho, connu pour ses succès en animation tels que « Le Roi des Cochons » et « The Fake » avant de se tourner vers le cinéma en prise de vues réelles, voit l’IA comme une solution potentielle aux défis logistiques de l’animation coréenne, où des compétences spécialisées risquent de devenir obsolètes entre les projets. Il a rappelé les difficultés passées : « Nous avons formé des gens pour des compétences que seul notre studio utilisait. Dix ans d’expérience qui ne signifiaient rien ailleurs. » Il a comparé les inquiétudes actuelles à la résistance initiale face aux outils numériques : « Les mêmes personnes qui affirmaient que les tablettes manquaient d’âme de crayon paniquent désormais à propos de l’IA. »

Hong Jun-pyo, actuellement en production sur « Ggoma », un long métrage financé par la foule, exprime un enthousiasme mesuré quant aux implications de l’IA. Son équipe utilise déjà la technologie pour signaler les erreurs de correction des couleurs sur des milliers d’images, qualifiant cette « utilisation passive » de moyen de libérer les artistes des tâches répétitives. Néanmoins, il confie ses réserves : « Je vois des artistes talentueux faire un travail que l’IA pourrait gérer, et il devient difficile de suggérer de l’utiliser. »

Les deux réalisateurs ont retracé l’évolution technologique du médium, des premiers logiciels comme Mirage à des outils plus récents tels que Blender, utilisé pour créer les décors de « Ggoma ». Ils ont également souligné l’importance des programmes de soutien à la production du BIAF, qui ont permis de financer des étapes cruciales de pré-production, souvent les plus gourmandes en ressources.

Le débat s’est élargi aux définitions de l’animation en tant que médium. Yeon Sang-ho a suggéré que les distinctions entre prise de vues réelles et animation pourraient s’estomper, considérant que « tout film est un jeu symbolique ». Hong Jun-pyo, quant à lui, a insisté sur la manière dont les différents médiums résonnent auprès du public, notamment chez les enfants. Un point d’accord a émergé : à l’ère des algorithmes, le contenu prime désormais sur l’esthétique visuelle. Yeon a illustré son propos : « Ma fille ne se soucie pas de la façon dont nous avons rendu le dinosaure. Elle veut savoir ce qu’il mange. »

Une programmation internationale et des rencontres inspirantes

Geefwee Boedoe s'exprime lors d'une séance de master class au Centre de convergence Webtoon à Bucheon, province de Gyeonggi, dimanche (Festival international d'animation de Bucheon)
Geefwee Boedoe s’exprime lors d’une séance de master class au Centre de convergence Webtoon à Bucheon, province de Gyeonggi, dimanche (Festival international d’animation de Bucheon)

Le week-end a été riche en événements, avec notamment une master class de Geefwee Boedoe, vétéran de Pixar, qui a partagé son expertise sur le croquis et la conception de personnages devant plus de 200 participants. Des sessions de réseautage ont également permis aux professionnels de l’animation, producteurs et distributeurs du monde entier de se rencontrer et d’échanger, notamment lors du programme Animation Meet-up dimanche soir.

Samedi, l’Orchestre Philharmonique de Bucheon a offert un concert de bandes sonores d’animation, suivi d’une projection en plein air de « King of Kings », un film d’animation religieux qui a rencontré un grand succès commercial en Amérique du Nord plus tôt cette année. Le festival, qui se tient dans plusieurs lieux à Bucheon, dans la province de Gyeonggi, jusqu’à mardi, présente un total de 155 œuvres issues de 31 pays.

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