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L’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher souhaite des exigences plus strictes

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Publié le 26 février 2026 à 20h11. L’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher réclame une restructuration radicale de la banque UBS, allant jusqu’à exiger la scission de ses activités à l’étranger, y compris en Asie, pour protéger l’économie suisse d’un éventuel effondrement.

  • Christoph Blocher demande la séparation de toutes les filiales étrangères d’UBS, y compris celles situées en Asie et aux États-Unis.
  • Il justifie cette demande par un « risque existentiel » pour l’économie suisse en cas de faillite de la banque.
  • La ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, et UBS ne sont pas favorables à cette solution radicale.

Lors d’une réunion de groupe parlementaire de l’UDC ce week-end, Christoph Blocher a surpris ses collègues en allant plus loin dans ses propositions concernant la réglementation des banques d’importance systémique. Alors qu’il avait déjà suggéré de diviser UBS en deux entités distinctes – une suisse et une américaine – il propose désormais d’étendre cette scission à l’Asie.

Selon Blocher, les activités d’UBS en Extrême-Orient représentent un risque similaire à celui posé par ses opérations américaines. Il estime que les banques suisses d’importance systémique ne devraient plus détenir de filiales à l’étranger, une mesure qui affecterait principalement UBS. D’autres institutions comme Raiffeisen, PostFinance et la Banque Cantonale de Zurich, moins présentes à l’international, seraient moins concernées.

L’ancien conseiller fédéral justifie cette initiative en soulignant la nécessité de protéger la Suisse d’une catastrophe potentielle. Il rappelle que deux grandes banques suisses ont déjà dû être renflouées par l’État ces 15 dernières années : UBS en 2008 et le Crédit Suisse en 2023 lors de sa fusion d’urgence. Il considère qu’UBS est aujourd’hui trop importante pour l’économie suisse et qu’il est impératif de prendre des précautions efficaces en cas de crise.

Blocher a déclaré à l’UDC que la meilleure solution serait de diviser la grande banque, mais il se dit ouvert à d’autres approches, à condition qu’UBS puisse démontrer qu’elle peut être liquidée sans mettre en péril les contribuables suisses. Il propose que la banque, le Conseil fédéral, la Banque nationale suisse et l’autorité de surveillance des marchés financiers signent un document attestant de cette capacité.

Cependant, cette proposition ne semble pas rencontrer l’adhésion du gouvernement. La ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, privilégie le renforcement des exigences en matière de fonds propres pour UBS, en demandant à la banque de doter ses filiales étrangères de fonds propres suffisants, ce qui représenterait un besoin supplémentaire d’environ 25 milliards de dollars (USD). Bluewin rapporte que UBS conteste cette mesure, estimant qu’elle nuirait à sa compétitivité.

Un groupe multipartite cherche actuellement une solution alternative, suggérant que UBS puisse utiliser des obligations à taux d’intérêt élevé, dites AT1, pour financer une partie des fonds propres de ses filiales étrangères. Christoph Blocher reste sceptique, rappelant les précédents renflouements bancaires et soulignant l’urgence de prendre des mesures efficaces pour prévenir une nouvelle crise.

UBS, dirigée par Sergio P. Ermotti, souhaite rester une banque universelle avec une présence mondiale. 24 Heures indique que le chef du groupe parlementaire de l’UDC, Thomas Aeschi, a déclaré que son parti prendrait le problème au sérieux et chercherait une solution appropriée dans les semaines et les mois à venir, en consultant toutes les parties prenantes.

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