Publié le 2025-10-20 10:19:00. Une nouvelle approche prometteuse pour lutter contre le paludisme, responsable de centaines de milliers de décès infantiles chaque année en Afrique subsaharienne, vient de faire ses preuves. Un anticorps monoclonal expérimental, administré en une seule dose, a démontré une protection totale contre le parasite du paludisme lors d’un essai clinique précoce, avec des effets secondaires minimes.
- Un anticorps monoclonal (AcM) expérimental, le MAM01, a offert une protection complète contre le paludisme lors d’une étude de provocation contrôlée.
- Les résultats de cet essai clinique de phase 1, mené sur des volontaires sains, ont été publiés dans la prestigieuse revue The Lancet Infectious Diseases.
- Cette avancée pourrait révolutionner la prévention du paludisme, notamment chez les jeunes enfants et les femmes enceintes, en offrant une protection immédiate et durable.
Le paludisme demeure un fléau majeur, causant annuellement plus de 600 000 décès dans le monde, affectant particulièrement les populations vulnérables d’Afrique subsaharienne. Malgré les progrès réalisés dans les traitements et les vaccins existants, leur efficacité reste limitée. C’est dans ce contexte qu’un essai clinique de phase 1 a évalué l’efficacité et la sécurité d’un nouvel anticorps monoclonal, le MAM01, conçu pour cibler le parasite du paludisme avant qu’il n’atteigne la circulation sanguine.
Menée par des chercheurs du Centre pour le développement de vaccins et la santé mondiale (CVD) de l’Université du Maryland, l’étude a impliqué 38 adultes en bonne santé, âgés de 18 à 50 ans et n’ayant jamais été exposés au paludisme. Ces volontaires ont reçu une dose unique de MAM01 ou un placebo. Plusieurs mois après l’administration, ils ont été délibérément exposés à des moustiques infectés par le parasite du paludisme dans des conditions strictement contrôlées, une méthodologie connue sous le nom d’étude de provocation. Les résultats ont révélé qu’aucun des participants ayant reçu la dose la plus élevée d’anticorps monoclonal n’a développé d’infection palustre, contrairement aux participants du groupe placebo qui ont tous été infectés.
« Malgré des progrès majeurs, le paludisme continue de dévaster les familles et les communautés à travers l’Afrique. Ce nouvel anticorps monoclonal pourrait transformer la façon dont nous prévenons le paludisme chez les jeunes enfants et les femmes enceintes. Contrairement aux vaccins qui peuvent nécessiter plusieurs doses ou rappels, une seule injection d’un anticorps à action prolongée pourrait fournir une protection immédiate, pendant des mois. C’est une façon fondamentalement différente d’arrêter l’infection avant qu’elle ne commence. »
Kirsten E. Lyke, MD, Professeure de médecine à l’UM School of Medicine et chercheuse principale au CVD
Le MAM01 est un anticorps monoclonal humain, une protéine fabriquée en laboratoire qui imite les défenses immunitaires naturelles. Il cible une région essentielle et hautement conservée de la protéine circumsporozoïte du parasite Plasmodium falciparum, le principal agent du paludisme chez l’homme, empêchant ainsi l’infection de s’établir.
Les chercheurs soulignent l’importance de ces premiers résultats, qui suggèrent un potentiel de protection fiable contre une maladie qui frappe de manière disproportionnée les populations des pays à revenu faible ou intermédiaire. Cette avancée est considérée comme une preuve de concept majeure et un pas significatif vers l’équité en santé mondiale.
« Ces premiers résultats suggèrent que cet anticorps monoclonal peut fournir une protection fiable contre le paludisme, qui continue de toucher de manière disproportionnée les enfants qui vivent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Il s’agit d’une preuve de concept importante pour le domaine et d’un pas en avant pour l’équité en santé. »
Matthew B. Laurens, MD, MPH, Professeur de pédiatrie et directeur de l’unité d’essais cliniques internationaux sur le paludisme au CVD
Aucun événement indésirable grave lié au traitement n’a été rapporté durant cet essai. L’équipe de recherche explore désormais des stratégies d’optimisation du dosage et de réduction des coûts pour rendre cette prévention par anticorps monoclonal accessible dans les régions endémiques du paludisme.
Forts de ces résultats encourageants, des essais cliniques sont déjà en cours sur de jeunes enfants en Ouganda. L’objectif est de confirmer l’efficacité et la sécurité de cet anticorps monoclonal chez les populations les plus à risque.
« Cette étude représente un réel espoir pour des millions d’enfants à risque. Le CVD est un leader mondial dans la recherche sur le paludisme depuis plus de 50 ans, et ces résultats font avancer notre mission visant à éliminer cette maladie grâce à une science innovante. »
James Campbell, MD, MS, Directeur par intérim du Centre pour le développement de vaccins et la santé mondiale
La publication scientifique originale est consultable dans The Lancet Infectious Diseases.