Publié le 2 octobre 2025. Une vaste étude internationale suggère que les personnes diagnostiquées avec l’autisme plus tard dans leur vie pourraient présenter une forme distincte de la condition par rapport à celles identifiées durant l’enfance. Ces découvertes surviennent dans un contexte où la désinformation sur l’autisme, notamment son lien avec les vaccins, circule encore.
Les conclusions de cette recherche, publiées dans la revue scientifique Nature, viennent corroborer l’hypothèse selon laquelle le terme « autisme », souvent utilisé comme un parapluie, recouvre en réalité plusieurs réalités distinctes qui affectent les individus différemment.
Pendant longtemps, l’autisme a été principalement associé à un diagnostic établi dès la petite enfance. Cependant, l’élargissement des critères diagnostiques au cours des dernières décennies a permis une identification croissante de la condition chez des personnes plus âgées. Cette évolution soulève une question fondamentale pour la compréhension de l’autisme : existe-t-il une différence significative entre les cas diagnostiqués précocement et ceux identifiés bien plus tard, après l’âge de 10 ans ?
Les chercheurs ont exploré deux pistes principales pour expliquer d’éventuelles distinctions. La première théorie suggère que toutes les personnes autistes partagent un profil génétique sous-jacent similaire, mais que chez certains, les symptômes sont plus légers ou discrets durant l’enfance, ne devenant plus apparents que plus tard. La seconde, et celle qui est soutenue par la nouvelle étude, postule que l’autisme diagnostiqué à différents âges pourrait représenter des formes intrinsèquement différentes de la condition.
En analysant les profils génétiques de milliers de personnes autistes au Danemark et aux États-Unis, l’équipe de chercheurs a identifié des différences génétiques notables entre les groupes diagnostiqués précocement et ceux diagnostiqués plus tardivement. « Les personnes diagnostiquées avec l’autisme plus tard dans la vie sont génétiquement plus similaires à celles qui souffrent d’un trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) », a précisé Thomas Bourgeron, co-auteur de l’étude et chercheur à l’Institut Pasteur en France.
L’étude révèle également que les personnes autistes diagnostiquées tardivement semblent être davantage exposées à des problèmes de santé mentale tels que la dépression. « Les personnes autistes sont très différentes les unes des autres », a souligné Thomas Bourgeron, plaidant pour une approche de soins personnalisée, adaptée aux besoins spécifiques de chaque individu.
Uta Frith, professeure émérite en développement cognitif à l’University College de Londres, qui n’a pas participé à l’étude, a exprimé l’espoir que de nouveaux sous-groupes au sein de l’autisme soient révélés à l’avenir, chacun trouvant une appellation diagnostique appropriée. Elle a ajouté : « S’il est question d’une ‘épidémie d’autisme’, d’une ’cause de l’autisme’ ou d’un ‘traitement de l’autisme’, la question immédiate devrait être : de quel type d’autisme parle-t-on ? »