Home Santé Le «cheval de Troie» génétique tue sélectivement les cellules cancéreuses liées au sarcome de Kaposi

Le «cheval de Troie» génétique tue sélectivement les cellules cancéreuses liées au sarcome de Kaposi

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Publié le 2025-10-03 18:18:00. Des chercheurs de l’UC Davis ont mis au point une thérapie génique révolutionnaire ciblant spécifiquement les cancers liés à l’herpèsvirus KSHV, promettant une approche plus sûre et efficace avec un minimum d’effets secondaires.

  • Une nouvelle thérapie génique développée par l’UC Davis cible sélectivement les cellules cancéreuses infectées par le virus KSHV.
  • Cette approche a montré une réduction significative de la croissance tumorale chez des modèles murins, sans effets secondaires notables.
  • La méthode exploite les propres mécanismes du virus pour délivrer un traitement létal aux cellules cancéreuses, épargnant les tissus sains.

Sacramento – Une avancée prometteuse dans le traitement des cancers associés à l’herpèsvirus humain 8 (KSHV) émerge du Centre complet de lutte contre le cancer de l’UC Davis. Des scientifiques y ont conçu une thérapie génique de haute précision, présentée comme une potentielle révolution face à des maladies telles que le sarcome de Kaposi et certains lymphomes rares. Cette nouvelle approche, détaillée dans la revue *Molecular Therapy Oncology*, pourrait offrir une alternative plus sûre et mieux tolérée aux traitements actuels, particulièrement pour les populations vulnérables comme les personnes vivant avec le VIH/sida.

La stratégie novatrice repose sur l’utilisation d’un virus adéno-associé (VAA) inoffensif, agissant comme un « cheval de Troie » génétique. Ce vecteur viral transporte une charge thérapeutique conçue pour s’activer uniquement dans les cellules infectées par le KSHV. L’activation est rendue possible par la présence d’une protéine virale spécifique, la LANA, marqueur des cellules cancéreuses infestées. Une fois à l’intérieur de ces cellules, la thérapie délivre un gène codant pour une enzyme modifiée, capable de transformer un médicament antiviral courant, le Ganciclovir, en un agent anticancéreux puissant. L’ajout du Ganciclovir déclenche ainsi la mort ciblée des cellules infectées, tout en préservant l’intégrité des cellules saines avoisinantes.

« Notre nouvelle stratégie utilise une technique de thérapie génique spécialisée pour cibler et tuer sélectivement les cellules cancéreuses infectées par le virus, tout en laissant les cellules saines indemnes », explique Yoshihiro Izumiya, professeur au département de biochimie et de médecine moléculaire de l’UC Davis et auteur principal de l’étude. Les recherches, menées sur des modèles murins, ont démontré que le traitement « a considérablement réduit la croissance tumorale sans effets secondaires détectables ».

Les expériences menées en laboratoire sur des cellules humaines ont confirmé l’efficacité de la thérapie à éliminer les cellules infectées par le KSHV, sans affecter les cellules saines. Chez les souris porteuses de tumeurs liées au KSHV, l’association de la thérapie génique et du Ganciclovir a stoppé la progression tumorale. De manière encourageante, aucun effet secondaire n’a été observé chez les animaux, suggérant un profil de sécurité élevé. Les chercheurs ont également constaté que l’administration simultanée de certains médicaments anticancéreux, connus pour réactiver le KSHV, augmentait l’efficacité de la thérapie, renforçant ainsi son potentiel.

Le KSHV est impliqué dans plusieurs cancers agressifs, dont le sarcome de Kaposi et deux types rares de lymphomes. Les traitements actuels peuvent s’accompagner d’effets secondaires importants et ne garantissent pas toujours une efficacité optimale, notamment chez les patients immunodéprimés. La thérapie génique développée à l’UC Davis offre une voie prometteuse vers des traitements personnalisés et moins toxiques.

Bien que ces résultats soient encore préliminaires et nécessitent des essais cliniques approfondis avant d’être appliqués chez l’humain, ils ouvrent la voie à des stratégies de traitement du cancer plus intelligentes et ciblées. « Notre objectif est de transformer la biologie du virus en sa faiblesse », conclut le Dr. Izumiya. « C’est une étape vers des traitements anticancéreux plus intelligents et plus personnalisés. »

Cette recherche a bénéficié du soutien de l’Institut national du cancer (subvention Ca299587) et de l’American Cancer Society.

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