Publié le 17 février 2026 à 19h30. Le Mexique est confronté à une recrudescence alarmante de la rougeole, avec plus de 9 400 cas confirmés et près de 30 décès, mettant en lumière les fragilités de son système de santé publique et suscitant des inquiétudes quant à la couverture vaccinale.
- Le Mexique enregistre un nombre de cas de rougeole disproportionné par rapport à ses voisins, devenant l’épicentre de la maladie en Amérique du Nord.
- Les autorités sanitaires mexicaines mettent en avant un contexte mondial favorable à la propagation de la rougeole, mais cette explication est contestée par les données nationales.
- Un démantèlement des systèmes de surveillance et un effondrement de la vaccination systématique sont pointés du doigt comme des facteurs aggravants.
La rougeole, une maladie que beaucoup pensaient maîtrisée, fait un retour inquiétant au Mexique. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé plus de 552 000 cas suspects dans 179 pays en 2025, le Mexique se distingue par l’ampleur de son épidémie et son taux de mortalité. La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle des failles profondes dans le système de santé publique du pays.
Selon les chiffres les plus récents, le Mexique compte plus de 9 400 cas confirmés de rougeole depuis la fin de l’année 2025 jusqu’à mi-février 2026. Ce chiffre est d’autant plus alarmant que l’ensemble du continent américain a enregistré 14 891 cas sur l’année 2025. Le Mexique ne se contente donc pas d’être une statistique parmi d’autres, mais se positionne comme l’épicentre du problème en Amérique du Nord, concentrant une part importante des infections. L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a d’ailleurs émis une alerte épidémiologique face à la forte augmentation des cas de rougeole entre 2024 et 2025 dans différentes régions.
Le bilan humain de cette épidémie est lourd. À ce jour, 29 décès liés à la rougeole ont été recensés dans sept États mexicains. L’État de Chihuahua est le plus touché, avec 21 décès, suivi de la capitale, Mexico, qui compte deux victimes, et de Jalisco, où 60 % des cas ont été enregistrés en 2026. La transmission du virus est active dans 32 États et 335 municipalités, ce qui témoigne d’une circulation virale incontrôlée et d’un échec des mesures de confinement.
Face à cette crise, les autorités sanitaires mexicaines ont tenté de minimiser la situation, invoquant un « contexte mondial » favorable à la propagation de la rougeole. Elles affirment que le rebond de la maladie observé au Mexique n’est qu’un écho d’une tendance globale. Le ministère de la Santé a ainsi écarté l’idée d’une crise, arguant que d’autres pays sont également confrontés à une augmentation des cas. Cependant, cette explication ne résiste pas à l’analyse des données nationales. Le Mexique ne subit pas la rougeole « comme tout le monde », mais avec une intensité et une létalité qui révèlent les faiblesses de son système de santé.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. La presse locale évoque un démantèlement des systèmes de surveillance épidémiologique et un effondrement de la vaccination systématique chez les enfants de 1 à 4 ans. Bien que les autorités sanitaires se vantent d’avoir administré des millions de doses de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, la couverture vaccinale dans les zones rurales est tombée en dessous du seuil de 95 % nécessaire à l’immunité collective. La forte mobilité de la population et la diffusion de fausses informations sur les vaccins ont également contribué à la propagation de la maladie. Une réponse tardive, privilégiant le discours politique au confinement sanitaire, a également joué un rôle.
La situation actuelle rappelle l’importance de la vaccination et de la surveillance épidémiologique pour prévenir et contrôler les maladies infectieuses. Le cas du Mexique met en évidence les conséquences d’un relâchement des efforts en matière de santé publique et souligne la nécessité d’investir dans des systèmes de santé robustes et efficaces.
Images | Jésael Melgoza

