Publié le 13 février 2024 à 00:08:00. Un riche propriétaire terrien du comté de Dublin s’oppose fermement aux plans du conseil local de transformer les terres entourant son domaine historique en logements et en pistes cyclables, une décision motivée par la crise du logement en Irlande.
- Le Conseil du comté de Dun Laoghaire-Rathdown vise à rezoner des terres de la ceinture verte autour de Woodbrook House and Estate.
- Marc Cochrane, 4e baronnet de Woodbrook, s’oppose à ce projet, arguant qu’il dénaturerait le patrimoine architectural et environnemental du domaine.
- Cette initiative s’inscrit dans une directive gouvernementale visant à augmenter l’offre de terrains constructibles pour répondre à la crise du logement.
Marc Cochrane, également connu sous le nom de Sir Henry Marc Sursock Cochrane, s’oppose avec véhémence aux projets du Conseil du comté de Dun Laoghaire-Rathdown de rezoner les terres entourant son domaine familial, Woodbrook House and Estate, situé entre Shankill et Bray. Le conseil local souhaite transformer ces terres de la ceinture verte en zones résidentielles et aménager des pistes cyclables, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à pallier la crise du logement qui frappe l’Irlande.
Cette décision fait suite à une directive émise l’été dernier par le ministre du Logement, James Browne, enjoignant les autorités locales à identifier et à rezoner davantage de terrains pour stimuler la construction de logements. Le domaine de Woodbrook, un manoir néo-palladien datant en grande partie de 1835 (avec un noyau plus ancien remontant aux années 1700), est protégé par diverses classifications patrimoniales, incluant la maison principale et ses pavillons d’entrée.
Les consultants en urbanisme représentant Sir Cochrane ont souligné que la vente d’une partie du domaine en 2007, qui avait généré un profit considérable pour le baronnet – plus de 150 millions d’euros à l’époque – n’avait pas eu d’impact négatif sur l’environnement du domaine. Ils estiment que le rezonage actuel constitue une menace bien plus importante.
Les architectes de la conservation mandatés par Sir Cochrane vont plus loin, qualifiant le projet du conseil de « vandalisme architectural ».
« Rompre le lien entre non seulement Woodbrook House et ses pavillons et portes d’entrée, mais aussi les magnifiques vues « empruntées » qui font partie intégrante de sa conception et de son cadre serait à notre avis un acte de vandalisme architectural. »
Sheehan & Barry, architectes de la conservation
Le consultant en planification John Spain Associates a également exprimé de vives préoccupations, affirmant que les plans du conseil auraient un « impact négatif significatif et permanent sur la maison et le domaine Woodbrook, y compris les nombreuses structures protégées et les éléments historiques qui s’y trouvent ». Il a également précisé que Sir Cochrane s’oppose fermement à la création de pistes cyclables et piétonnes traversant sa propriété.
Selon les consultants, le changement de désignation de la ceinture verte entraînerait « l’érosion de la dernière zone tampon spatiale entre Shankill et Bray et de la biodiversité qu’elle contient ». Ils soulignent également que les terrains sont déjà concernés par un projet d’acquisition obligatoire dans le cadre de l’extension de la route pour le projet BusConnects de Bray, ce qui engendrerait des « impacts permanents, négatifs et significatifs ».
Dans une déclaration personnelle, Sir Cochrane a insisté sur le fait que le rezonage proposé constituerait « un changement d’utilisation des terres inutile et préjudiciable, compromettant les valeurs écologiques, patrimoniales et paysagères qui définissent le domaine ». Il a ajouté qu’il n’avait « aucune intention de développer ce terrain à des fins résidentielles dans un avenir proche ».
Les propositions de rezonage seront désormais examinées par l’exécutif du conseil, avant d’être soumises au vote des conseillers municipaux, qui décideront de l’opportunité de modifier le plan d’aménagement local.