Genève est le théâtre de négociations de dernière chance entre les États-Unis et l’Iran, alors que le spectre d’un conflit militaire plane sur le Moyen-Orient et que les marchés énergétiques observent attentivement l’évolution de la situation. Ces pourparlers indirects, menés sous la médiation d’Oman, pourraient avoir un impact significatif sur les prix du pétrole et l’équilibre mondial du gaz.
Selon des sources iraniennes, les discussions ont débuté jeudi à 9h45, heure de Genève, et se poursuivent. Bien que les horaires varient légèrement selon les sources, l’absence de communication immédiate et la durée des échanges soulignent l’importance et la complexité des enjeux.
Un accord pourrait entraîner une baisse des prix du pétrole de l’ordre de 10 dollars le baril, grâce à la levée des sanctions et à la réintégration potentielle du pétrole iranien sur le marché. À l’inverse, une escalade vers une action militaire pourrait faire grimper les prix jusqu’à 10 dollars de plus le baril. Les États-Unis, qui produisent actuellement des volumes records de pétrole, pourraient être initialement moins affectés par une hausse des prix, mais l’Europe serait plus vulnérable.
Les négociations portent principalement sur le programme nucléaire iranien, Washington craignant que Téhéran ne cherche à se doter de l’arme atomique. L’Iran, de son côté, affirme ne pas avoir de telles ambitions et réclame la levée des sanctions économiques. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré : « Notre guide suprême [l’ayatollah Ali Khamenei] a déjà déclaré que nous n’aurons pas du tout d’armes nucléaires. »
Par ailleurs, la fermeture potentielle du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du gaz naturel liquéfié (GNL) et du pétrole, représente un risque supplémentaire. Selon une analyse de l’ICIS (Independent Commodity Intelligence Service), une interruption de 90 jours des exportations qataries de GNL vers l’Europe pourrait entraîner une forte augmentation des prix du GNL, atteignant environ 90 €/MWh (contre une moyenne actuelle d’environ 86 €/MWh) et créer des pénuries, en particulier en Europe centrale et orientale.
Aux États-Unis, des températures clémentes ont limité la baisse des stocks de gaz naturel, réduisant le déficit par rapport à la moyenne saisonnière. Les stocks de gaz naturel stockés sous terre devraient avoir diminué de 53 milliards de pieds cubes pour atteindre 2 017 milliards de pieds cubes au cours de la semaine se terminant le 20 février.
La situation reste donc incertaine, et l’issue des négociations de Genève déterminera en grande partie l’évolution des marchés énergétiques et la stabilité régionale.