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Le vent sur Mars s’avère plus fort que prévu, atteignant 158 ​​km/h

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Publié le 13 octobre 2025. Les vents martiens, jusqu’alors sous-estimés, s’avèrent bien plus puissants qu’on ne le pensait, atteignant des vitesses impressionnantes lors de phénomènes atmosphériques observés par des scientifiques européens.

  • Des tourbillons de poussière sur Mars ont révélé des vents soufflant jusqu’à 158 km/h, contredisant les estimations antérieures.
  • Cette découverte, fruit d’une collaboration entre l’Université de Berne et l’Agence spatiale européenne (ESA), utilise l’imagerie stéréoscopique pour mesurer la vitesse des vents.
  • Les résultats ont des implications majeures pour la compréhension du climat martien, la planification des futures missions spatiales et l’étude de la géologie active de la planète rouge.

Mars, planète souvent décrite par son atmosphère ténue – représentant seulement 1 % du volume de celle de la Terre – vient de révéler un aspect de sa dynamique bien plus vigoureux. Des recherches récentes, menées par une équipe conjointe de l’Université de Berne en Suisse et de l’Agence spatiale européenne (ESA), indiquent que les vents martiens peuvent atteindre des vitesses jusqu’alors insoupçonnées, culminant à 158 kilomètres par heure.

L’étude, publiée dans la revue *Science Advances*, s’est concentrée sur un phénomène fascinant : les « diables de poussière ». Ces colonnes de poussière verticales en rotation rapide, qui sillonnent la surface martienne, servent en quelque sorte de balises naturelles, rendant visibles les mouvements de l’air. Grâce à des techniques d’imagerie stéréoscopique, les chercheurs ont pu cartographier avec une précision inédite la direction et la vélocité des vents de surface. Jusqu’à présent, une telle observation directe était rendue difficile par la faible densité de l’atmosphère.

Valentin Bickel, chercheur principal de l’étude à l’Université de Berne, explique le principe : « Les tourbillons de poussière fonctionnent comme des repères naturels qui rendent visibles les mouvements du vent. » Son équipe a exploité des données provenant de deux instruments sophistiqués de l’ESA : la caméra stéréo haute résolution (HRSC) du vaisseau spatial Mars Express et le système d’imagerie stéréo et couleur de surface (CaSSIS) de l’orbiteur ExoMars. Nicolas Thomas, co-auteur de l’étude, précise que « les images stéréo nous ont permis de capturer la même zone de la surface martienne à quelques secondes d’intervalle, afin de pouvoir mesurer avec une grande précision le mouvement des tourbillons de poussière. »

Au total, 384 tourbillons de poussière ont été identifiés grâce aux données CaSSIS et 655 grâce au HRSC. Ces phénomènes météorologiques, caractéristiques des régions arides pendant les étés et printemps martiens, durent généralement quelques minutes et atteignent leur apogée d’activité entre 11h00 et 14h00, heure locale martienne. Les mesures ont révélé des vitesses de vent impressionnantes autour de ces vortex, pouvant atteindre 44 mètres par seconde (soit environ 158 km/h). Ces chiffres contrastent fortement avec les estimations antérieures des scientifiques, qui situaient la vitesse moyenne du vent sur Mars en dessous de 50 km/h, avec un maximum aux alentours de 100 km/h.

« Ces données nous aident à savoir où et quand les vents étaient suffisamment forts pour soulever la poussière de la surface », ajoute Bickel.

Cette avancée scientifique revêt une importance capitale pour l’avenir de l’exploration martienne. Une meilleure appréhension de la direction et de l’intensité des vents martiens permettra d’affiner les modèles climatiques de la planète rouge. Elle contribuera également à mieux évaluer les risques liés aux tempêtes de poussière, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité des atterrissages de sondes.

Daniela Tirsch, du Centre aérospatial allemand (DLR), souligne que cette nouvelle compréhension de la dynamique atmosphérique « facilitera la planification des futures missions ». La connaissance de la force des vents est également cruciale pour le choix des sites d’atterrissage et l’estimation de la quantité de poussière susceptible de se déposer sur les panneaux solaires des équipements, réduisant ainsi leur production d’énergie.

Au-delà des implications pour les missions robotiques, ces découvertes apportent un éclairage nouveau sur les processus géologiques encore actifs sur Mars. Elles aident à mieux comprendre, par exemple, la formation des dunes de sable et les motifs observés sur les pentes martiennes.

« Ces mesures ouvrent la voie à une meilleure compréhension de l’activité géologique qui se produit encore sur Mars », conclut Bickel. En combinant une technologie d’imagerie de pointe et des analyses de données sur le long terme, les scientifiques disposent désormais d’une vision plus complète de la planète rouge.

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