Publié le 9 octobre 2025. L’utilisation croissante des agonistes du GLP-1 pourrait compliquer l’interprétation des scanners TEP-TDM au fluorodésoxyglucose (FDG), selon une nouvelle étude présentée à l’Association européenne de médecine nucléaire (EANM). Ces médicaments, utilisés pour traiter le diabète et l’obésité, provoquent une augmentation de la captation du traceur dans certains tissus sains, pouvant prêter à confusion avec des pathologies cancéreuses ou inflammatoires.
- Les agonistes du GLP-1 peuvent entraîner une captation accrue du traceur FDG dans les muscles, le cœur et les tissus adipeux.
- Cette absorption peut être interprétée à tort comme des signes de cancer ou d’inflammation lors des scanners TEP-TDM.
- Les chercheurs recommandent une meilleure documentation des antécédents médicamenteux des patients plutôt qu’une modification des protocoles de jeûne ou l’arrêt des GLP-1.
Les résultats d’une nouvelle étude, présentés par des chercheurs de l’Association européenne de médecine nucléaire (EANM’25), mettent en lumière un défi potentiel pour l’interprétation des scanners TEP-TDM au fluorodésoxyglucose (FDG). Ces examens, essentiels pour détecter les lésions malignes métaboliquement actives (comme certains cancers du poumon, du côlon, lymphomes, mélanomes, cancers du sein, des ovaires, du cerveau, et myélomes multiples), ainsi que pour surveiller la réponse aux traitements, pourraient être affectés par l’utilisation des agonistes du peptide-1 de type glucagon (GLP-1).
L’utilisation de ces médicaments a connu une augmentation spectaculaire, avec une hausse de 700 % du traitement chez les adultes américains entre 2019 et 2023. Les agonistes des récepteurs du GLP-1 sont conçus pour réguler le métabolisme du glucose, la motilité gastrique et le tonus sympathique, ciblant ainsi les personnes atteintes de diabète, de surpoids et d’obésité.
Comprendre les scans FDG-PET-CT
Un scanner FDG-PET-CT est une technique d’imagerie qui permet de détecter les lésions malignes présentant une activité métabolique accrue. Il est couramment utilisé pour le diagnostic et le suivi de divers types de cancer, notamment le cancer du poumon, le cancer colorectal, le lymphome, le mélanome, le cancer du sein, le cancer des ovaires, le cancer du cerveau et le myélome multiple. Cette analyse peut également servir à évaluer l’efficacité d’un traitement.
Avant de passer un scanner FDG-PET-CT, il est généralement recommandé aux patients d’éviter tout effort physique intense ou massage des tissus profonds dans les 48 heures précédant l’examen. Il leur est également conseillé de s’abstenir de consommer des glucides ou des aliments sucrés pendant 24 heures, et de jeûner (à l’exception de l’eau et des médicaments) pendant les six heures qui précèdent leur rendez-vous.
Au cours de l’examen, une faible dose de matière radioactive (le traceur FDG) est administrée par injection intraveineuse. Les patients attendent ensuite environ une à deux heures pour permettre au traceur de se distribuer dans le corps avant le début de l’analyse, qui dure environ une heure. Le scanner capture alors des images montrant la manière dont le traceur circule dans l’organisme. Il est important de noter que le scanner lui-même ne produit pas de rayonnement, mais détecte celui émis par le traceur.
Quel est l’impact des GLP-1 sur les analyses FDG-PET-CT ?
Des recherches antérieures avaient déjà suggéré que les agonistes des GLP-1 pouvaient influencer les résultats des scanners FDG-PET-CT. Cette influence se manifeste par une absorption accrue du traceur FDG dans le tissu adipeux brun, ainsi que dans les tissus musculaires et cardiaques. Ces variations peuvent créer une confusion diagnostique, potentiellement mener à des erreurs de diagnostic et, par conséquent, à des traitements inappropriés.
Afin d’approfondir cette question, des chercheurs de l’Alliance Medical Ltd. ont mené une revue rétrospective d’une série de cas de scanners FDG-PET-CT chez des patients sous traitement par GLP-1.
« Nous avons observé une captation inhabituelle chez l’un de nos patients sous agoniste du GLP-1, ce qui a incité à un examen plus large au sein de notre réseau », a déclaré Peter Strouhal, MD, PhD, directeur médical d’Alliance Medical Ltd.
Les résultats ont confirmé que des schémas d’absorption atypiques du traceur pourraient être mal interprétés comme des pathologies si le professionnel de santé n’a pas connaissance des antécédents médicaux du patient. Malgré ces constatations, les auteurs de l’étude ne recommandent pas de modifier la préparation des patients ou d’interrompre les traitements par GLP-1 avant un scanner FDG-PET-CT. Ils suggèrent plutôt que les professionnels de santé et les équipes d’imagerie documentent systématiquement les antécédents médicamenteux des patients pour éclairer l’interprétation des images, en attendant l’élaboration de directives plus précises.
À l’heure actuelle, l’Australie a actualisé ses directives, préconisant la poursuite du traitement, le jeûne à partir de minuit, la programmation des examens le matin et un bon contrôle de la glycémie. Le Royaume-Uni, où l’étude a été menée, n’a pas encore abordé cette problématique de manière spécifique.
Les auteurs de l’étude prévoient d’étendre leur collecte de données à d’autres centres d’imagerie afin de renforcer la base de preuves pour de futures recommandations nationales. Ils souhaitent également établir des collaborations internationales pour promouvoir une interprétation homogène et fiable des examens TEP-CT à l’échelle mondiale.
« Reconnaître la captation caractéristique associée aux agonistes du GLP-1 permet d’éviter une anxiété et des interventions inutiles, garantissant ainsi que les patients reçoivent les bons soins, au bon moment, sans détours ni doutes », a souligné le Dr Strouhal dans un communiqué de presse.