Publié le 15 février 2026 à 17h20. Une nouvelle étude révèle comment la grippe peut déclencher des crises cardiaques en transformant certaines cellules immunitaires en véritables « chevaux de Troie » qui attaquent le cœur, expliquant ainsi l’augmentation observée des problèmes cardiaques pendant la saison grippale.
Les scientifiques comprennent désormais mieux le lien entre une infection grippale sévère et le risque accru de crise cardiaque. Des recherches récentes ont identifié un mécanisme précis par lequel le virus de la grippe peut endommager le muscle cardiaque.
L’étude, menée par des chercheurs de l’École de médecine Icahn du réseau hospitalier Mount Sinai, s’est concentrée sur un type spécifique de cellules immunitaires, les cellules pro-dendritiques 3. En analysant des échantillons de tissus post-mortem de patients décédés de la grippe, ils ont découvert que ces cellules s’infectent dans les poumons, puis migrent vers le cœur. Là, au lieu de combattre le virus, elles libèrent une protéine inflammatoire, l’interféron de type 1 (IFN-1), qui provoque la mort des cellules cardiaques et compromet la fonction cardiaque.
« Nous savons depuis de nombreuses années que la fréquence des crises cardiaques augmente pendant la saison grippale, mais, en dehors de l’intuition clinique, il existait peu de preuves sur les mécanismes qui sous-tendent ce phénomène »,
Filip Swirski, coordinateur de l’étude
Selon Jeffrey Downey, co-auteur de l’étude, ces cellules pro-dendritiques 3 agissent comme un « cheval de Troie » du système immunitaire : elles transportent le virus directement au cœur, où il se propage et cause des dommages.
« Les cellules pro-dendritiques 3 agissent comme un ‘cheval de Troie’ du système immunitaire lors d’une infection grippale, s’infectant dans les poumons, transportant clandestinement le virus vers le cœur puis le disséminant vers les cardiomyocytes »
Jeffrey Downey, chercheur du Mount Sinai Network
Les chercheurs ont également constaté que la vaccination contre la grippe offre une certaine protection contre ces lésions cardiaques. De plus, des expériences en laboratoire ont montré qu’un médicament expérimental à base d’ARN messager, capable de contrôler l’activité de l’IFN-1, pouvait réduire les dommages au muscle cardiaque chez les souris et améliorer leur fonction cardiaque.
Cette découverte ouvre la voie au développement de nouvelles thérapies pour prévenir les complications cardiaques liées à la grippe, une option thérapeutique qui fait actuellement défaut. « C’est très prometteur pour le développement de nouvelles thérapies, qui font cruellement défaut, car il n’existe actuellement aucune option clinique viable pour prévenir les lésions cardiaques induites par la grippe », a souligné Filip Swirski.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Immunity.
Editeur : Monica Bonea