Publié le 2025-10-19 15:03:00. La course à la présidence irlandaise s’intensifie avec des échanges vifs entre les candidats. L’indépendante Catherine Connolly dénonce des attaques « inacceptables » de la part de son adversaire du Fine Gael, Heather Humphreys, tandis que le Premier ministre Micheál Martin critique l’eurocepticisme de certains candidats.
- Catherine Connolly qualifie de « nouveau creux » les propos de Heather Humphreys, qui l’accuse d’avoir profité de la détresse des gens en représentant les banques lors des saisies immobilières.
- Heather Humphreys met en avant son expérience dans une coopérative de crédit, contrastant avec le rôle d’avocate de Connolly auprès des banques pendant la crise immobilière.
- Le Premier ministre Micheál Martin vise implicitement Catherine Connolly et le Sinn Féin, dénonçant un « euroscepticisme corrosif » déguisé en pro-européanisme.
La campagne pour la présidence irlandaise a pris un tournant acrimonieux. Catherine Connolly, candidate indépendante, a vivement réagi aux déclarations de Heather Humphreys, sa principale rivale issue du Fine Gael. Dans une interview accordée au *Sunday Independent*, Mme Humphreys a pointé du doigt le passé professionnel de Mme Connolly en tant qu’avocate spécialisée dans les affaires de saisies immobilières, contrastant cette expérience avec son propre engagement au sein d’une coopérative de crédit. Selon Mme Humphreys, cette différence fondamentale illustre une opposition claire entre les deux visions pour la fonction présidentielle.
« J’ai toujours joué chaque rôle de ma vie avec le plus grand professionnalisme », a affirmé Mme Connolly lors d’une réaction à Galway. Elle a qualifié les propos de Mme Humphreys de « nouveau creux » pour la campagne du Fine Gael, ajoutant : « L’élan est là depuis juillet et il ne cesse de s’intensifier. Bien sûr, je laisserai le peuple irlandais décider, et c’est là l’essentiel. » Questionnée sur sa représentation des banques durant le krach immobilier, elle a répété : « J’ai abordé ce sujet à maintes reprises et le fait que la candidate à la présidence en abuse de la manière dont elle l’a fait n’est qu’un nouveau plus bas. »
En réponse, Heather Humphreys a demandé à sa rivale de « dire exactement pour qui elle travaillait et combien de maisons ont été saisies ». Elle a précisé sa pensée : « Les gens m’ont demandé quelle était la différence entre Catherine et moi avant de nous lancer dans la politique nationale. Je réfléchis à ce que faisait Catherine, qui travaillait pour des banques britanniques… et quand je regarde ce que je faisais, je travaillais dans une organisation communautaire, une coopérative de crédit. En fait, j’aidais les gens à rester dans leur maison et à traverser une situation financière extrêmement, extrêmement difficile. » Mme Humphreys a justifié ses attaques en expliquant qu’il était « important que les gens réalisent à quoi ressemblera le président. » Elle a présenté le choix comme étant entre une position centrale et une « politique d’extrême gauche », associant Mme Connolly à des personnalités comme Mick Wallace, Paul Murphy et Claire Daly, ainsi qu’au Parti communiste.
Parallèlement, le Premier ministre et leader du Fianna Fáil, Micheál Martin, a pris position contre ce qu’il qualifie d’« euroscepticisme corrosif et cynique ». S’exprimant lors d’une commémoration à Co Kildare, il a déclaré : « Vous n’êtes pas pro-UE si vous vous opposez à tous les traités qui ont construit l’union au cours du dernier quart de siècle. » Bien qu’il n’ait pas nommé directement Mme Connolly, il a confirmé aux journalistes qu’elle entrait dans cette catégorie, aux côtés du Sinn Féin et d’autres partis de gauche qui « parlent de l’Europe comme d’un belliciste ou d’un complexe militaro-industriel ». M. Martin a réaffirmé son soutien à Heather Humphreys, tout en précisant que le Fianna Fáil, en tant que parti, n’imposerait pas de consigne de vote à ses adhérents, considérant qu’un tel choix serait « contre-productif » dans une démocratie.
La ministre du Fine Gael, Helen McEntee, a également critiqué Catherine Connolly, affirmant que cette dernière avait « dit une chose et fait tout le contraire ». Selon Mme McEntee, bien que Mme Connolly n’ait rien fait d’illégal dans sa carrière d’avocate, elle s’est ensuite retournée contre les banques qu’elle représentait lorsqu’elle est entrée au Dáil. Du côté du Sinn Féin, le député David Cullinane a apporté son soutien à Mme Connolly, déclarant : « Je ne veux pas voir un président pour le gouvernement, je veux voir un président pour le peuple, et je crois que cette personne est Catherine Connolly. » Il a qualifié la campagne de Mme Connolly de « très positive », contrastant avec la « campagne de diffamation du Fine Gael ». Padraig Rice, porte-parole des Sociaux-Démocrates, a également exprimé sa fierté de soutenir Mme Connolly, la décrivant comme une « candidate intègre et qui s’exprime ». Mary Butler, chef du gouvernement et députée du Fianna Fáil, a quant à elle confirmé son vote en faveur de Heather Humphreys.